LAE3 : les salaires montent, la facture aussi

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LAE3 : les salaires montent, la facture aussi

Une petite révolution se prépare dans les crèches et établissements parascolaires du canton de Neuchâtel. La révision de la loi sur l’accueil des enfants entre en vigueur le 1er août. Tour d’horizon des principaux changements.

Des hausses de salaires parfois conséquentes sont prévues pour le personnel des structures d’accueil privées subventionnées avec l'entrée en vigueur de la révision de la loi sur l’accueil des enfants (Photo: illustration). Des hausses de salaires parfois conséquentes sont prévues pour le personnel des structures d’accueil privées subventionnées avec l'entrée en vigueur de la révision de la loi sur l’accueil des enfants (Photo: illustration).

La LAE3 est prête à se déployer. La révision de la loi sur l’accueil des enfants, votée par le Grand Conseil fin 2024, entre en vigueur le 1er août dans le canton de Neuchâtel. Elle voit toute une série de nouvelles mesures se déployer qui impactent autant les établissements d’accueil pré et parascolaires, les employés de la branche que les parents. Le nombre de places en structure doit augmenter. Il faudra par conséquent trouver du personnel formé supplémentaire pour répondre au taux de couverture cantonal fixé à 35% d’ici quatre ans, ce qui représente la création potentielle de 200 places en crèche et 1'250 places en parascolaire. Actuellement, les taux de fréquentation dans les établissements préscolaires sont très élevés et se situent entre 95 et 100%.

« Avec cette réforme, il y aura une augmentation de la qualité au niveau du taux d’encadrement », explique Christophe Calame en charge de l’accueil extrafamilial de jour au sein du Service de protection de l’adulte et de la jeunesse du Canton de Neuchâtel (SPAJ). « Le changement que les parents pourront voir, c’est le nombre d’éducateurs qui s’occuperont de leur(s) enfant(s). » 

Christophe Calame : « On devra soit avoir un éducateur supplémentaire pour le même nombre d’enfants, soit moins d’enfants pour le même nombre d’éducateurs. »

L’amélioration de la prise en charge des enfants se fera également par une reconnaissance du temps consacré par le personnel d’encadrement à la planification et à la préparation, de manière à permettre un accueil optimal des enfants.


Des salaires qui vont prendre l’ascenseur

Les salaires seront quant à eux valorisés et uniformisés entre le public et le privé. Dans certains cas, les rémunérations vont significativement augmenter, souligne Christophe Calame : « La grille salariale mise en œuvre concernera principalement les employés des structures d’accueil privées subventionnées. On parle d’une hausse de salaire entre 5 et 25%, selon l’âge et l’expérience. » Et Christophe Calame de citer deux exemples : « Le cas d’une éducatrice de l’enfance de 30 ans engagée à 100%, niveau de formation ES et qui, avec une dizaine d’années d’expérience, pourrait passer de 4'900 à 5'900 francs de salaire par mois. Autre exemple d’une auxiliaire de 50 ans avec cinq ans d’expérience qui verrait son salaire augmenter de 4'200 à 4'800 francs à un taux de travail de 100%. »

« On doit admettre que le niveau des salaires était faible ».

Cette révision de la LAE3 implique l’engagement d’une centaine d’équivalents plein temps supplémentaires d’ici au 1er août, soit 140 à 150 personnes. « Ce qui ne sera pas possible. C’est pourquoi le Canton sera flexible dans un premier temps », précise Christophe Calame.

Pour accueillir davantage d’enfants, il faudra aussi des lieux suffisamment grands. « On ne va pas pouvoir pousser des murs. Donc il faudra soit créer d’autres structures, soit on a des locaux qui permettent une extension du nombre de places d’accueil. »

« Ça va être un défi, parce que la règle est claire : c’est 3m2 par enfant. »

Les plus hauts revenus sollicités pour payer la réforme

Si les effets sont significatifs pour le personnel, ils le sont aussi pour les parents. Pour financer le coût de la réforme, leur facture va augmenter de 5,3% en moyenne. « Mais le calcul est complexe », lance Christophe Calame. « Il dépend du type d’accueil, du revenu moyen des parents. Plus ils ont une capacité contributive élevée, plus leur contribution aux coûts de l’accueil sera importante, allant jusqu’à 100% quand le revenu imposable dépasse les 170'000 francs. » Les tarifs des blocs horaires de midi seront, eux, revus à la baisse et vont diminuer de 24% pour le parascolaire 1 et de 13% pour le parascolaire 2.

« Une famille qui aurait une centaine de milliers de francs de revenus imposables avec deux jours complets pour deux enfants par semaine au parascolaire 1, sa facture passera de 300 à 330 francs. »

Christophe Calame rappelle, par ailleurs, que le Canton de Neuchâtel autorise la déduction fiscale intégrale des frais de garde. Il ajoute aussi que l’augmentation des coûts de cette réforme ne sera pas supportée que par les parents, mais aussi par les Communes, le Canton et les entreprises.

D’ici quelques jours, sur son site internet, le SPAJ mettra à disposition des parents une calculette LAE3 qui leur permettra de voir l’évolution de leur facture selon leur situation personnelle. /jpp


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