Le percement de la future ligne ferroviaire directe entre le haut et le bas du canton se fera en deux temps. Cette stratégie reporte de trois ans l’ouverture prévue de la ligne, mais permettra de réduire les nuisances pour la population et les coûts du chantier.
Le projet de ligne directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds franchit une étape stratégique. Le comité de pilotage du projet a décidé de creuser les deux tunnels prévus l’un après l’autre, à partir d’un seul point d’attaque à Neuchâtel. Ce choix implique un allongement de la durée des travaux avec une mise en service planifiée pour 2041, au lieu d’une période entre 2035 et 2039.
Les partenaires du projet – le canton de Neuchâtel, l’Office fédéral des transports (OFT) et les CFF – ont justifié cette décision devant la presse ce vendredi. Creuser les tunnels successivement plutôt que simultanément, d’abord celui du bas sous Chaumont entre Neuchâtel et Cernier, puis celui du haut sous la Vue-des-Alpes entre Cernier et La Chaux-de-Fonds, permettra de réduire de manière significative les nuisances pour les habitants du Val-de-Ruz. Cette méthode réduira d’environ 170'000 le nombre de passages de camions dans les villages concernés. Car les matériaux excavés seront évacués par Neuchâtel, via le rail ou le bateau. Le trafic, les émissions de Co2 et les risques pour la sécurité routière seront ainsi réduits.
Raisons financières, écologiques et sécuritaires
Ce choix présente également un avantage financier non négligeable : près de 80 millions de francs d’économies par rapport à l’option de creuse simultanée des tunnels. Une marge bienvenue dans un projet devisé à plus de 1,3 milliard de francs. Le Canton, l’OFT et les CFF jugent ce compromis acceptable, malgré le report de l’échéance, en raison des bénéfices attendus sur les plans écologique, sécuritaire et budgétaire.
Pour Sandra Urfer, responsable des projets aux CFF, le projet de ligne directe n'a pas pris de retard : « 2041 est un choix des commanditaires. »
Lancée au printemps 2024, la phase d’avant-projet se poursuivra jusqu’en 2026. Elle permet d’affiner les paramètres techniques du tracé, d’évaluer la gestion des matériaux excavés et de définir les mesures de sécurité en cas d’incident. Cette phase sera suivie par l’élaboration du projet de construction, les études d’impact environnemental et la mise à l’enquête publique, prévue à la fin de la décennie.
Pour rappel, cette future liaison ferroviaire vise à transformer la mobilité entre le haut et le bas du canton en réduisant de moitié le temps de parcours – 15 minutes contre 28 actuellement – et en instaurant une cadence au quart d’heure entre Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Le Locle.
Reste à savoir si la ligne directe fera toujours partie des priorités de la Confédération une fois que l'expert chargé de réévaluer les grands projets nationaux de mobilité aura rendu ses conclusions, en principe cet automne... Le Canton de Neuchâtel a ainsi en quelque sorte marqué son territoire ce vendredi dans le cadre du processus politique en cours.
Laurent Favre, conseiller d'Etat en charge des transports : « Le projet de ligne directe concerne tout l'Arc jurassien et bien au-delà. »
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