Le nuisible sévit actuellement dans plusieurs régions de Suisse. S’il n’est pas encore présent dans le canton, ce ne serait qu’une question de temps. Tant les agriculteurs que la population sont concernés par ses potentiels dégâts.
Le scarabée japonais continue à faire des dégâts en Suisse. S’il n’est pas encore présent dans le canton de Neuchâtel, son arrivée est toutefois scrutée de près par l’Office cantonal de la viticulture et de l’agroécologie.
Au début du mois de juillet, la Confédération a appelé à la vigilance concernant la propagation de ce nuisible friand de plus de 400 espèces végétales, notamment la vigne, le maïs et le pommier. Les pelouses des jardins et des terrains de foot sont également menacées par les larves de ces intrus.
Rémy Alain Reymond : « Cela risque de toucher tout le monde. »
Si l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) est en charge d’édicter les protocoles et les marches à suivre, les cantons font eux office de relais. « Nous sommes amenés à mettre en place une surveillance qui passe par la pose de pièges aux phéromones pour attirer les ravageurs. D’autre part, nous veillons à la diffusion à large échelle d’informations appropriées, ainsi qu’à une vulgarisation et des conseils pour l’interprofession », explique le directeur de l’Office neuchâtelois de la viticulture et de l’agroécologie, Rémy Alain Reymond.
Un plan d’action établi
L’arrivée du coléoptère en terre neuchâteloise ne serait qu’une question de temps. « Nous partons en tout cas de ce principe, puisqu’il nous faudra être prêts », affirme Rémy Alain Reymond. Pour l’instant, l’heure est à la surveillance puis, au moment de son apparition, un protocole de lutte sera appliqué.
La première étape essentielle consiste en l’identification formelle de l’intrus par une photographie très nette, le constat direct d’une personne qualifiée, ou par une capture de l’insecte. Une fois la présence avérée, une cartographie de l’habitat du nuisible ainsi qu’un piégeage massif seront mis en place.
Ingrédient essentiel dans cette bataille, la coopération intercantonale permet de se tenir au courant des diverses méthodes appliquées et efficaces. « C’est important pour savoir comment réagir le plus vite possible, mais de la manière la plus adéquate », insiste Rémy Alain Reymond. En effet, tout est une question de proportion. « La réponse va dépendre à la fois des tailles des populations observées et des moyens déployés. Il est dans certains cas totalement illusoire de vouloir éradiquer le foyer. » C’est alors le contrôle de la population de scarabées qui prime, dans l’objectif d’en limiter la taille.
« On travaille en étroite collaboration avec nos collègues des autres cantons. »
Prudence dans les transports
Loin d’être impuissante, la population neuchâteloise a également son rôle à jouer. Elle peut, par exemple, prendre part à la surveillance de l’arrivée du coléoptère en transmettant toutes observations suspectes à l’Office de la viticulture et de l’agroécologie. Deuxièmement, si ces insectes peuvent évidemment se déplacer par leurs propres moyens, ils sont parfois aidés de manière passive par les trajets humains. Ainsi, des pièges sont disposés aux alentours des gares et les automobilistes sont appelés à être attentifs à d’éventuels passagers clandestins dans leurs véhicules ou sur leurs habits. Cela vaut tout particulièrement pour les personnes en voyage au Tessin, quel que soit le moyen de transport.
« Tout animal qui semblerait un peu exotique ne devrait pas être transporté. »
Finalement, le directeur de l’Office de la viticulture et de l’agroécologie insiste sur le fait qu’il n’y a pas lieu de paniquer, bien que les dégâts puissent sembler spectaculaires. « La surveillance est en place et les mesures à appliquer sont définies », rassure-t-il. /cde










