La communauté yéniche installée à Auvernier déplore les difficultés rencontrées tout au long de l’année pour trouver des aires d’accueil
Être accueilli dans un espace adéquat, c’est la croix et la bannière pour les Yéniches. Les gens du voyage suisses sont installés depuis samedi à Auvernier. Une vingtaine de familles y ont posé leur caravane. Les autorités communales de Milvignes ont répondu favorablement à la demande de la communauté de bénéficier d’un terrain durant quelques semaines. « Et c’est plutôt rare », souligne le président de l’association « Défense des gens du voyage suisses ». Stève précise « avoir contacté une centaine de communes cet hiver. Et une seule commune, qui ne nous avait pas encore accueillis, a accepté : Milvignes ».
Stève et les siens ont donc été « surpris en bien » et sont d’ailleurs « ravis » de l’emplacement mis à disposition par les autorités. « Souvent, on veut nous cacher ou on nous parque à côté d’une déchetterie ou d’une Step », déplore-t-il. Et comment interprète-t-il les craintes autour de leur venue ? « C’est une peur de l’inconnu, une méconnaissance de qui nous sommes. Il y aussi un amalgame avec les communautés étrangères du voyage ». Avant de rappeler que les Yéniches « sont des personnes au passeport suisse, qui vivent comme des Suisses, qui ont la culture du travail, et qui aspirent juste au respect du peuple nomade ».
Stève, président de l’association « Défense des gens du voyage suisses » :
Stève demande davantage d’ouverture d’esprit de la part des communes. « Qu’elles proposent davantage de haltes spontanées et des aires d’accueil fixes. En Suisse, il manque environ 90 emplacements d’accueil, dont une grande partie en Suisse romande ».
Un manque d’aires d’accueil qui force parfois les Yéniches à occuper des terrains de manière illégale, au grand dam du président de l’association « Défense des gens du voyage suisses ». « On n’a parfois pas le choix, nous ne savons pas où nous mettre. Malgré nos demandes, notre assurance de mettre des bennes, des toilettes, à s’engager à garder les lieux propres, on essuie des refus. C’est contre notre gré, mais l’État, les Cantons, les Communes ne respectent pas leurs engagements de nous mettre à disposition des terrains. Donc, ce sont d’abord eux qui sont dans l’illégalité », conclut Stève. /jpp










