La population suisse aura deux choix à faire le 3 mars concernant l’AVS. Elle devra décider si elle veut progressivement indexer l’âge du départ à la retraite en fonction de l’espérance de vie et si elle veut donner une treizième rente aux bénéficiaires de l’AVS. RTN vous propose de vous faire une idée sur ces sujets avec notre débat
La population suisse est appelée aux urnes le 3 mars. L’AVS sera au cœur de ce scrutin avec deux objets aux visées bien différentes. D’un côté, l’initiative « Pour une prévoyance vieillesse sure et pérenne », portée par les jeunes libéraux-radicaux et soutenue par la droite, qui veut progressivement relever l’âge de la retraite des hommes et des femmes à 66 ans d'ici à 2033 puis l’indexer sur l’espérance de vie. De l’autre, l’initiative pour une treizième rente AVS. Un texte porté par les syndicats et les partis de gauche qui veut accorder une treizième rente AVS pour les retraités, sur le modèle du treizième salaire chez les actifs. RTN a ouvert le débat sur ces deux objets mardi dans La Matinale. Anna Ludwig responsable romande pour l’initiative dite « des rentes » et Zoé Nater co-présidente des jeunes socialistes neuchâtelois ont croisé le fer :
Initiative des rentes
Anna Ludwig a expliqué que le système de retraites, introduit en Suisse en 1948, est « très performant, mais il n’est plus adapté à la réalité démographique d’aujourd’hui. (…) Les gens vivent de plus en plus longtemps en bonne santé. (…) Ils sont passés de douze, treize ans à la retraite en 1948 à plus de vingt ans aujourd’hui. » Ces dix ans de plus « il faut les financer, surtout que le nombre d’actifs ne cesse de baisser. Depuis 1948 nous sommes passés de 6,5 actifs à environ trois actifs aujourd’hui ». Des chiffres que ne conteste pas Zoé Nater, mais « dans ces six personnes actives, les femmes étaient comptées alors que 80% d’entre elles ne travaillaient pas. Alors qu’aujourd’hui, 80% des femmes sont dans le marché du travail. » La socialiste est aussi revenue sur l’espérance de vie qui est actuellement de 71 ans en bonne santé. « À terme, en indexant l’âge de la retraite à l’espérance de vie, on travaillera à peu près le temps qu’on est en bonne santé. Et le jour où on ne le sera plus, on sera à la retraite. » Zoé Nater est bien consciente qu’il faudra à terme une restructuration complète de l’AVS. « On peut imaginer beaucoup des solutions autres que le relèvement de l’âge de la retraite. » Solution qui pourrait passer par une cotisation sur les revenus du capital. Ce à quoi Anna Ludwig répond que l’AVS est basée sur le système de solidarité entre les générations « et il faut préserver ce principe ».
Une treizième rente
Ce qui inquiète dans cette initiative, c’est le financement de cette treizième rente. Zoé Nater relève qu’aujourd’hui « les réserves de la caisse AVS sont de plus de 50 milliards de francs. L’introduction de cette rente couterait la 1re année 4,1 milliards, dont 3,5 milliards serait de l’excédent produit la même année. » Par la suite, cette rente pourrait être financée par une augmentation de la cotisation salariale. Anna Ludwig relève que les solutions proposées « passent toutes par le porte-monnaie de la population. » Elle relève aussi que sous « prétexte d’une justice sociale, cette treizième rente va arroser tout le monde, y compris ceux qui n’en ont pas besoin. » Selon elle, il faut cibler les aides avec les prestations complémentaires. /dpi-sma









