Dans le canton de Neuchâtel, nombreux sont les restaurants ou commerces de détail qui ont annoncé leur fermeture récemment. Une forme de soutien n’est pour le moment pas envisagée de la part de l’Etat qui estime que les communes sont en charge dans ces secteurs
Mars 2020 : le coronavirus s’abat sur la Suisse et le monde, remaniant les habitudes de consommation. Août 2020 : le canton de Neuchâtel lance un « appel à consommer et investir local », comme le titrait alors RTN, avec sa campagne « J’agis pour mon canton. Et toi ? ». Un coup de pub à hauteur de 150'000 francs, lancé pour deux mois, afin d’inviter la population et les entreprises à consommer dans la région.
En 2024, avec le renchérissement du coût de la vie et des matières premières, nombreux sont les commerces et les restaurants qui sont menacés. On peut citer par exemple la fermeture du Restaurant des Halles à Neuchâtel comme exemple, mais il y en a évidemment d’autres aux quatre coins du canton, avec un impact plus ou moins important à l’échelle locale. Avec cette question au bout des lèvres : « Que fait le canton pour nous aider ? ».
La réponse de Matthieu Aubert, chef du service de l’économie : « Il n’y a pas de moyen d’actions directes du canton pour l’économie de proximité, c’est une tâche qui incombe aux communes ». La campagne avait été lancée en 2020 par le canton dans un contexte particulier. « Le canton arrive en appui, mais ce sont vraiment les communes qui donnent le ton pour l’économie de proximité », poursuit Matthieu Aubert.
Matthieu Aubert:
Les seuls projets que le Canton peut soutenir sont ceux proposés dans le cadre de la nouvelle politique régionale (NPR). « C’est toujours dans une démarche d’impulsion » rappelle le chef du service de l’économie. Par exemple dans le domaine touristique : « dès qu’il y a une dynamique d’innovation, le Canton peut entrer en matière, avec le soutien de la Confédération ».
Matthieu Aubert:
Dans les vallées…
Alors comment cela se passe dans les communes ? Nous en avons contacté trois : Le Locle, Val-de-Travers et Val-de-Ruz. Dans cette dernière, Roby Tschopp, conseiller communal en charge de l’économie, admet qu’il n’y a plus de système de soutien en place depuis la période de coronavirus. Une page internet sur le site de la commune regroupe une liste de commerçants, sur auto-inscription. Aucune mesure supplémentaire n’est envisagée actuellement.
A Val-de-Travers, Frédéric Mairy rappelle que l’association Val’Action s’est créée en 2016, à la suite d’ateliers avec les commerçants. Ce sont eux qui ont lancé la monnaie locale, les « Val’ ». La Commune en achète chaque année, et le conseiller communal en charge de l’économie indique que plusieurs entreprises jouent également le jeu. Val-de-Travers, c’est également un soutien pour maintenir une épicerie dans chaque village, lorsqu’un projet durable existe. Des aides sous formes de prêts ont par exemple été attribuées lors de la rénovation et transformation du Foyer à Buttes. Frédéric Mairy précise encore que certaines actions, comme la réfection de la traversée de Travers, ont permis de développer l’attractivité du centre du village. Des projets similaires sont en réflexion pour la Grand’Rue de Couvet, ainsi que les traversées de Môtiers et Fleurier.
… et dans la Mère Commune
Au Locle enfin, les petits commerces et restaurants sont en concurrence directe avec la France, mais aussi avec la ville de La Chaux-de-Fonds. En charge du service de l’économie, Anthony Von Allmen précise que les autorités profitent chaque année d’un tout-ménage de Noël pour permettre aux commerçants d’y ajouter des bons. « Ça permet de leur faire de la publicité et d’encourager les citoyens à consommer dans ces commerces locaux. »
Anthony Von Allmen:
Les autorités locloises ont bien conscience que ces restaurants et autres commerces font vivre le centre-ville et le centre du village des Brenets. Elles soulignent par exemple leur soulagement quant à la reprise de l’épicerie des Brenets. Le Locle attend aussi beaucoup du contournement autoroutier, en espérant que son économie locale tiendra le coup d’ici là. /swe









