C’est une affaire peu commune qui a occupé lundi matin la Cour pénale à Neuchâtel. Une trentenaire a comparu en deuxième instance. Elle est accusée de plusieurs infractions parmi lesquelles chantage, escroquerie et fraude à l’assurance sociale.
Selon le Ministère public, la jeune femme aurait organisé méticuleusement son quotidien afin de pouvoir être entretenue soit par des hommes, soit par les services sociaux. Elle aurait ainsi terrorisé et menacé plusieurs de ses clients. La prévenue est accusée d'exercer des relations sadomasochistes tarifées de manière illégale. Elle aurait ensuite fait chanter ces hommes en les menaçant de révéler la nature de ces pratiques à leur épouse, enfants, parents ou même employeurs. Le tout pour obtenir de l’argent, plus de 30'000 francs au total, selon l’acte d’accusation.
Entre 2018 et 2020, la jeune femme aurait harcelé par téléphone et envoyé des milliers de messages à cinq personnes. Dans certains cas, elle serait même passée à l’acte en contactant des proches de ses clients. Ces agissements n’ont cessé que lorsque la prévenue a été placée en détention provisoire.
Du sursis réclamé en appel
Lors du premier procès au mois d’avril, la jeune femme avait écopé de 20 mois de prison ferme avec une ordonnance de suivi thérapeutique. Elle devait en outre rembourser une somme de 1'000 francs à l’une des victimes pour tort moral.
En appel ce lundi, la défense n’a pas souhaité revenir sur les chefs d’accusation de chantage, injure, calomnie et exercice illicite de la prostitution. L’avocat de la prévenue conteste en revanche l’obtention illicite de prestations d’une assurance sociale. La prévenue aurait omis de déclarer ses revenus issus de la prostitution alors qu’elle touchait une aide de l’assurance sociale. La défense estime qu’elle n’avait pas conscience du caractère illicite de ses relations sexuelles tarifées et qu’elle ne peut donc pas être condamnée pour quelque chose dont elle ne se rendait pas compte. Son avocat demande une peine d’emprisonnement avec sursis au lieu d’une peine ferme.
De son côté le Ministère public rejette l’appel. Il estime que la prévenue a sciemment omis de signaler ses revenus, en s’appuyant notamment sur les échanges avec son assistante sociale. Le Ministère public demande par ailleurs l’expulsion de la jeune femme dans son pays d’origine, notamment parce qu'il estime que le risque de récidive est important.
Le jugement sera rendu par écrit dans une semaine. /ara









