« Ta femme, tes employés et tes enfants vont tout savoir ... »

Une trentenaire récidiviste aurait extorqué 30'000 francs à ses clients adeptes de pratiques ...
« Ta femme, tes employés et tes enfants vont tout savoir ... »

Une trentenaire récidiviste aurait extorqué 30'000 francs à ses clients adeptes de pratiques sadomasochistes. Le Ministère public neuchâtelois requiert une peine de 23 mois de prison ferme et une expulsion du territoire helvétique. Le jugement sera rendu à la fin du mois

Les plaignants ont été constamment menacés. (Photo libre de droits : illustration). Les plaignants ont été constamment menacés. (Photo libre de droits : illustration).

23 mois de prison ferme et une expulsion du territoire suisse requis contre une prostituée. Une trentenaire a comparu mardi matin devant le Tribunal du Littoral et du Val-de-Travers à Boudry. Prévenue d’une multitude d’infractions, elle est notamment accusée d’avoir commis plusieurs chantages et escroqueries en marge de ses activités pratiquées dans l’illégalité. Le montant du dommage dépasse 30'000 francs.


Des menaces constantes

« Ta femme, tes enfants et tes employés vont tout savoir... ». Selon le Ministère public, la prévenue aurait fait régner la terreur avec ses clients. Exerçant des relations SM tarifées de manière illégale, la jeune femme les faisait ensuite chanter. Notamment en menaçant de révéler ces pratiques aux membres de la famille - conjoint, enfant, grand-parent ou même à l’employeur - contre de l’argent.

Entre 2018 et 2020, la jeune femme a donc fait vivre un petit enfer à cinq personnes, en les bombardant de messages et d’appels s’ils ne répondaient pas, en les menaçant constamment de tout révéler, passant parfois à l’acte. Elle aurait même écrit qu'elle allait attenter à leur intégrité physique. Durant des journées entières, plaignants et lésés ont été harcelés avec des multitudes d’appels et de messages composés de flots d’insultes et de tentative d’intimidation. La jeune femme serait même allée à transférer des clichés compromettants à des collaborateurs et créer des fausses petites annonces sur des sites gay en utilisant les noms de ses clients pour les mettre encore plus sous pression. Ces agissements ne se sont stoppés que lorsque la prévenue a été placée en prison de manière provisoire. En effet, elle était au bénéfice d’un sursis d’une précédente affaire.


Personnalité borderline

Mais pourtant, qui pourrait imaginer que cette jeune femme, calme, à l’apparence soignée et plutôt intelligente se transforme en monstre colérique ? C’est ce qu’a déterminé l’analyse psychiatrique qui lui attribue une personnalité borderline.

Pour expliquer ce comportement, la jeune femme incrimine son parcours familial. Née en République Démocratique du Congo, puis emmenée en Suisse à l’âge trois ans, elle a ensuite été abandonnée par son père alcoolique puis par sa belle-mère alors qu’elle était âgée de 13 ans. Elle a ensuite grandi en passant de foyer en foyer. Mais malgré ce parcours chaotique, le fait qu'elle soit sans emploi et titulaire de l’aide social, la jeune femme est toutefois en passe d’obtenir un Bachelor dans une université du pays.


Expulsion requise

Le Ministère public est en tout cas clair. Selon la procureure, la culpabilité de la prévenue est grave et cette dernière possède des antécédents. Vu qu’il s’agirait de sa troisième condamnation pour des faits similaires, le sursis, même partiel, est exclu. La procureure requiert donc 23 mois de prison ferme et une expulsion obligatoire pour une durée de 6 ans. Elle doit en outre suivre un traitement pendant la détention. Pour motiver l’expulsion, le Ministère public avance que la prévenue a un permis C, plus de famille proche en Suisse, ni de travail. Elle dépend de l’aide social et ses revenus sont issus de la prostitution illégale ainsi que de ses extorsions.

Du côté de la défense, on ne conteste pas les faits, mais en raison du passif familial, l’avocate demande que la condamnation n’excède pas 8 mois, moins les jours déjà purgés en prison et que cette détention se fasse avec un traitement psychiatrique en ambulatoire.


Jugement à la fin du mois

Dans son repentir, la prévenue dit reconnaître ses erreurs et assumera le jugement ainsi que le traitement. Mais elle demande de ne pas la renvoyer. Selon elle, toute sa vie est ici. Le jugement sera lui rendu le 30 avril. /jha


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