Quatre ans et demi de prison pour tentative de meurtre à Neuchâtel

Le Tribunal criminel a suivi le réquisitoire du Ministère public vendredi. Le prévenu avait ...
Quatre ans et demi de prison pour tentative de meurtre à Neuchâtel

Le Tribunal criminel a suivi le réquisitoire du Ministère public vendredi. Le prévenu avait étranglé son ancienne compagne avant de lui asséner deux coups de couteau dans la poitrine

Le Tribunal criminel à Neuchâtel a condamné un homme a quatre ans de prison pour tentative de meurtre sur son ancienne compagne. (Photo : illustration KEYSTONE / Luis Berg) Le Tribunal criminel à Neuchâtel a condamné un homme a quatre ans de prison pour tentative de meurtre sur son ancienne compagne. (Photo : illustration KEYSTONE / Luis Berg)

Le Tribunal criminel à Neuchâtel a retenu la tentative de meurtre. Il a condamné un homme d’une trentaine d’années à quatre ans et demi de prison. La Cour a suivi le réquisitoire du Ministère public. Le prévenu avait étranglé sa victime avant de lui asséner deux coups de couteau. La victime a été sauvée par l'intervention de deux voisines. Les faits se sont déroulés en juin 2019 à l’appartement de la victime. Les deux anciens amants avaient définitivement rompu la veille. Le jour des faits, l’homme a prétexté venir chercher des chaises de jardin et une table pour un barbecue pour se rendre au domicile de son ex.

À la suite de cette agression, la victime a quitté la Suisse. Elle avait peur et ne se sentait plus en sécurité. La défense s’était positionnée pour une peine de deux ans de prison avec sursis pour lésions corporelles simples aggravées. .

L’enjeu ne résidait pas dans les faits eux-mêmes, le prévenu les ayant admis, mais sur leurs qualifications juridiques : tentative de meurtre ? Lésions corporelles graves ? Lésions corporelles simples aggravées ?


« Le prévenu a pris le risque de tuer »

Pour les juges, en commettant ces actes, le prévenu a pris le risque de donner la mort. Ils écartent en revanche la préméditation, même si ce dernier est venu à l’appartement muni de gants et d’un couteau. Dans le doute, ils n’ont pas retenu cette prévention. Les juges reconnaissent également que le prévenu était en proie à de la confusion quand il a saisi le cou de la victime et l’a poignardée. Il a été interrompu par l’intervention des voisines. Le prévenu est ensuite parti sans prêter attention à son ex. Le Tribunal relève également que l’homme a tendance à mentir et qu’il ne se souvient que des faits à décharge, contrairement aux éléments à charge. Durant l'audience, l'accusé a déclaré ne pas arriver à expliquer, ni à comprendre son geste et n'avoir que des souvenirs flous. Mais il en est certain : il ne voulait pas la tuer.


« La victime est en vie grâce à deux miracles »

Le procureur a commencé son réquisitoire en revenant sur le nombre de féminicides en Suisse : ils représentent près de 75 % des homicides commis en Suisse. La plaignante ne vient pas compléter ses statistiques grâce à deux miracles : premièrement, les côtes ont fait obstacle au couteau l’empêchant d’atteindre un organe vital, deuxièmement les voisines sont intervenues. Le procureur est également revenu sur le fait que le prévenu s’est rendu chez son ex-compagne muni d’un couteau, de gants et sans son téléphone portable. Ce qui fait, selon lui, beaucoup pour un geste qui n'était pas prémédité. La partie civile a appuyé le réquisitoire du procureur.


La défense réfute la thèse de la tentative de meurtre.

Elle maintient que le prévenu est allé chez son ex, avec qui elle avait définitivement rompu la veille des faits, pour venir chercher une table et des chaises de jardin pour un barbecue. Il n’a jamais eu l’intention de la tuer. C’est au domicile de la victime que la situation a mal tourné. Pour l’avocat, l’accusation n’a pas démontré que son client avait pris le couteau dans l’intention de tuer son ex-compagne. Il va même plus loin : le prévenu aurait voulu la prendre dans ses bras une dernière fois. Elle s’est défendue et la machine s’est emballée. Des propos que l’avocat de la partie civile a qualifiés de très audacieux ! Le prévenu est reparti libre. La Cour n’a pas jugé nécessaire une mise en détention pour mesures de sûreté.

L’homme a aussi été condamné à verser 10’000 francs pour tort moral à sa victime. L’avocat de la défense n’exclut pas de faire recours. Il doit encore en discuter avec son client. /sma


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