Peine alourdie pour l’assassin des Verrières

Prison à vie pour le meurtrier des Verrières. Condamné initialement à 20 ans de réclusion, ...
Peine alourdie pour l’assassin des Verrières

Prison à vie pour le meurtrier des Verrières. Condamné initialement à 20 ans de réclusion, l’homme qui a assassiné son ex-compagne et son nouvel ami en août 2017 dans la commune du Val-de-Travers a fait appel. Il a finalement été condamné plus lourdement par la Cour pénale

La Cour pénale neuchâteloise a décidé que le double assassinat méritait une peine à vie. La Cour pénale neuchâteloise a décidé que le double assassinat méritait une peine à vie.

Prison à vie dans le drame des Verrières. Les juges cantonaux ont suivi la thèse du double assassinat dans l’affaire des meurtres commis dans le village vallonnier. Alors qu'il avait écopé de 20 ans ferme, le père de famille quinquagénaire qui a tué son ex-compagne et son nouvel ami en août 2017 a été condamné plus lourdement en appel. Le verdict a été rendu mercredi par la Cour pénale neuchâteloise.


Témoignage bancal

Durant l’audience, le prévenu a contesté l’assassinat et la peine de 20 ans qui avait été retenue contre lui par le tribunal de première instance. Dans sa déposition, l’accusé a cherché à minimiser ses actes. Selon lui, si le meurtre est impardonnable, il n’a pas assassiné son ex-compagne. En sanglots, ce dernier a avoué que pas un jour ne passait sans qu’il ne pleure et qu'il souhaiterait revenir en arrière. Dans un témoignage parfois contradictoire, le meurtrier a tenté d’avancer que les soucis d’alcoolisme de sa victime étaient un problème. « Quand elle était ivre, elle s’en prenait aux membres de la famille alors que je tentais de la calmer. »

Selon la défense qui demandait une réduction de peine à 14 ans, le prévenu aurait confessé « Maître, je suis un meurtrier, mais pas un assassin ». Pour ses avocats, c’est avant tout un humain avec son histoire tragique. Il faisait partie des marginaux.

La défense s’est montrée critique avec le premier jugement. L’avocat d’ajouter « ce qui frappe, c’est que tout ce qui peut être interprété contre lui a été retenu. »

Pour ses avocats, son geste doit être placé dans son contexte. Il a tué la femme de ses enfants, alcoolique et parfois violente, à la suite d’une rupture. La préméditation, c’est la réflexion et dans les actes commis : « il n’y a rien qui fait penser à un plan ». C'est pourquoi le meurtre simple était requis.


Prison à vie requise

Pour le Ministère public qui a aussi fait appel, le prévenu devait écoper de la peine maximale, car il l’a tué par haine, vengeance et jalousie pour sauver son honneur. Il a assassiné en outre une deuxième personne qui ne lui avait pas causé de tort particulier. Enfin, les avocats de la partie plaignante ont aussi rejoint le procureur en demandant que l’assassinat soit retenu. Finalement, la Cour a décidé que vu la gravité des lésions causées, le caractère répréhensible, le mode d’exécution ainsi que la motivation égoïste du prévenu, une peine de prison à vie était la juste mesure à appliquer.

Les parties ont 30 jours pour faire appel de ce jugement


Les journalistes lésés

Fait surprenant, la justice neuchâteloise s’est fait l’auteur d’une coquille particulière durant cette audience. Convoquée pour 10h30 au Château de Neuchâtel pour un huis clos partiel, la presse a pris connaissance avec surprise que le procès avait commencée à 8h30. Alors que le prévenu avait été entendu tout comme les témoins, la Cour pénale a invoqué une erreur de greffe et a transmis une copie du procès-verbal de l’audition à la presse alors que l’audience continuait.

Une façon de faire exceptionnelle qui a fait réagir Reporter sans frontières Suisse. Selon son secrétaire général, Denis Masmejan : « RSF Suisse a pris connaissance avec stupéfaction de ce couac de la justice neuchâtelois. En aucun cas, la distribution d’un procès-verbal d’audition peut être considérée comme une couverture médiatique suffisante. Cela ne peut remplacer le suivi en présentiel ». RSF ajoute encore qu’à la suite de cette erreur, le jugement pourrait être cassé pour vice de forme si les avocats se montrent zélés.


Le TF doit se prononcer

Cette affaire avait déjà fait grand bruit à la suite d’une publication du 20 minutes lors du premier procès. Alors que la juge avait demandé aux médias de ne pas dévoiler un élément de contexte familial pour protéger une victime, l'injonction n'avait pas été respectée par un journaliste de 20 Minutes, qui avait estimé que cela violait la liberté de la presse à diffuser des informations pesant sur le verdict. Le journaliste a été acquitté le 17 décembre de l'accusation d'insoumission à l'autorité. Le Ministère public a fait appel de ce jugement et le Tribunal cantonal l’a annulé. L'affaire, qui questionne la liberté de la presse, sera jugée par le Tribunal fédéral. /ats-jha


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