Philip Morris visé par une étude

Le fabricant de tabac et sa cigarette IQOS sont épinglés par une étude sur la dangerosité du ...
Philip Morris visé par une étude

Le fabricant de tabac et sa cigarette IQOS sont épinglés par une étude sur la dangerosité du produit. Selon le Régional, le cigarettier aurait tenté d’empêcher la publication du texte. Une accusation rejetée par PMI

L'IQOS serait aussi nocive que la cigarette traditionnelle. (Photo: Philip Morris Media Center). L'IQOS serait aussi nocive que la cigarette traditionnelle. (Photo: Philip Morris Media Center).

La cigarette du futur ne serait pas aussi inoffensive qu’elle n’y parait. Selon une enquête de l’hebdomadaire veveysan le Régional, Philip Morris aurait récemment tenté d'empêcher la parution d’une étude indépendante sur l’IQOS (I quit ordinary smoking). L’article avance aussi que le fabricant de tabac a mis la pression sur les chercheurs pour éviter qu’ils incriminent son produit phare dont le siège de recherche et développement est basé à Serrières. Cette accusation est rejetée par le fabricant de tabac.

 

Pressions sur les chercheurs

L'IQOS, qui chauffe le tabac au lieu de le brûler, serait aussi nocive que la cigarette traditionnelle. Une étude indépendante qui sera publiée mercredi prochain dans la Revue médicale suisse avance que le produit est dangereux pour la santé. Une étude qui aura mis un an à être rendue publique. Selon le Régional, l’année passée, des scientifiques suisses de la Policlinique médicale universitaire de Lausanne, l'Institut universitaire romand de santé au travail et l'Institut bernois de médecine de famille se sont penchés sur l’IQOS. Leurs travaux publiés seulement aux États-Unis dans la JAMA Internal Medicine signalaient notamment qu’il n’y avait pas d’améliorations quant à la santé des fumeurs comme l’avait pourtant avancé Philip Morris.

Mais pas de trace du texte dans une revue en Suisse. En effet, les scientifiques auraient renoncé à publier leurs résultats dans la revue médicale suisse (RMS) après les pressions reçues de la part du cigarettier à la suite de la publication sur le territoire américain. Le fabricant aurait même demandé le retrait de cette étude dans une lettre adressée aux dirigeants des deux universités et au directeur du CHUV. Finalement, mercredi prochain le texte sera publié dans la RMS alors que le volet juridique est clos.

Techniquement, ce qui est reproché à l’IQOS réside dans le fait que si les produits nocifs ont certes diminué, le système de chauffage favorise d’autres substances cancérigènes. Un médecin avance même que le dispositif agirait comme un grille-pain en libérant des effluves nuisibles.

 

Une étude contestée

Contacté, Philip Morris avance que la décision de ne pas publier l’étude dans la RMS incombe aux chercheurs et que l’entreprise n’est pas responsable de cet état de fait. De plus, la publication américaine du JAMA Internal Medicine aurait été largement relayée par les médias helvétiques et les chercheurs ont été interviewés à de nombreuses reprises.

Le cigarettier ajoute encore que les méthodologies employées dans l’étude sont remises en question par des chercheurs indépendants ainsi que par la Food and Drug Administration américaine qui a conclu que les données publiées ne sont pas considérées comme adéquates. Selon Philip Morris, cinq laboratoires analytiques gouvernementaux indépendants auraient corroboré les études analytiques de leur produit. Enfin, le fabricant de tabac ajoute qu’il est toujours ouvert à la discussion avec les auteurs de l’étude.


Plus de 4 milliards

Philip Morris a déjà investi près de 4,5 milliards de francs pour l’IQOS et la publication de cette étude dans la RMS pourrait peser lourd. En effet, la nouvelle loi sur les produits du tabac est en consultation. Le projet du Conseil fédéral prévoit des mesures plus souples pour ce type de produits, mais ces révélations dans la revue helvétique pourraient donc changer la donne. /jha


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