Le centre de Perreux se prépare à gérer un quart des demandes d’asile

Le centre fédéral pour requérants d’asile de Boudry est entré dans une phase pilote début avril ...
Le centre de Perreux se prépare à gérer un quart des demandes d’asile

Le centre fédéral pour requérants d’asile de Boudry est entré dans une phase pilote début avril. L’objectif est de mettre en place les procédures accélérées dans le traitement des demandes d’asile d’ici leur entrée en vigueur officielle en 2019

Ce bâtiment, situé sur le site de Perreux, pourra accueillir jusqu'à 170 requérants d'asile dès mi-juillet. Ce bâtiment, situé sur le site de Perreux, pourra accueillir jusqu'à 170 requérants d'asile dès mi-juillet.

Le centre fédéral pour requérants d’asile de Boudry affine les rouages de la future politique d’asile suisse. Depuis début avril, le site de Perreux est entré dans une phase pilote visant à mettre en place des procédures accélérées dans le traitement des demandes d’asile. Le peuple suisse avait adopté une révision de la Loi sur l’asile en ce sens au mois de juin 2016 par 66,8% des voix. La nouvelle législation vise à ce que 60% des procédures aboutissent à une décision définitive dans un délai de 140 jours. Pour le 40% restant, une décision est attendue dans un délai d’un an. En contrepartie, les requérants d’asile bénéficient d’une protection juridique étendue. Sur le site de Perreux, cette mission est assurée par Caritas

Une phase de test avait déjà été menée dans un centre à Zurich.

Le centre de Boudry traitera un quart des demandes d’asile déposées en Suisse

Le centre fédéral de Boudry a la charge de conduire ces procédures. Lors de l’entrée en œuvre définitive de cette nouvelle politique en 2019, le site de Perreux comprendra ainsi 480 places d’hébergement pour des requérants d’asile, réparties en trois bâtiments. L’un d’eux sera dédié aux personnes dites « vulnérables », soit les familles et les requérants d’asile mineurs non accompagnés.

En matière de personnel, le Secrétariat d’Etat aux migrations disposera de 100 emplois plein-temps. Entre 40 et 50 personnes seront affiliées à l’encadrement et un nombre similaire d’employés à la sécurité. La représentation juridique occupera aussi une cinquantaine de personnes. Au total, ce sont donc 250 personnes qui seront amenées à œuvrer dans le centre de Perreux. Le site aura alors la charge de traiter un quart des demandes d’asile déposées en Suisse.

Pour l’heure, un bâtiment pouvant abriter jusqu’à 130 personnes est utilisé et environ 25 personnes travaillent sur le site.

Eviter d’entretenir des illusions

Pour Pierre-Alain Ruffieux, responsable de la région Suisse romande au Secrétariat d’Etat aux migrations, les délais plus courts imposés par la nouvelle législation sont tenables. La difficulté actuelle se trouve avant tout dans la mise en place de ces nouveaux processus et dans l’acquisition de nouveaux réflexes, dit-il. À ses yeux, cette accélération est un avantage pour les requérants d’asile qui bénéficient ainsi d’un soutien juridique dès le début du traitement de leur demande. Pour Pierre-Alain Ruffieux, cela évite aussi aux requérants d’asile, plus rapidement fixés sur leur sort, d'entretenir des illusions. Ce constat est partagé par Gabriella Tau, coresponsable de la représentation juridique pour cette phase pilote dans les sites de Boudry et de Chevrilles (FR). Dans un premier temps, Caritas informe les requérants d’asile de la manière dont la procédure va se dérouler avant de les accompagner, étape par étape. L’organisation caritative est active sur le site de Boudry pour cette phase pilote mais la mission de représentation juridique fera l’objet d’un nouvel appel d’offres pour 2019. Entretien avec Gabriella Tau, coresponsable de la représentation juridique pour cette phase pilote, qui fait le point sur les conseils qui sont donnés aux requérants d'asile avant leur audition:

Pierre-Alain Ruffieux rappelle par ailleurs qu’au-delà des procédures liées à leur dossier, les requérants d’asile sont invités à participer à des programmes d’activités, de lecture ou de sport par exemple. Ils peuvent aussi mener certains travaux pour la collectivité publique à l’image d’un chemin de forêt refait par les requérants d’asile à Boudry. Pour Pierre-Alain Ruffieux, il est important de créer le contact entre les demandeurs d’asile et la société civique. Il se dit impressionné par ce qu’il a déjà pu observer en matière de contacts entre la population locale et les requérants d’asile dans l’ancien centre fédéral des Pradières.

Le public pourra d’ailleurs aller une nouvelle fois à la rencontre des requérants d’asile lors d’une journée portes ouvertes qui devrait être organisée à la fin de l’été. /sbe


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