La réforme de l’Etat en matière de protection de l’enfance « fait sens »

Le président de la Fondation L'Enfant c'est la vie, Olivier Selz, accueille favorablement la ...
La réforme de l’Etat en matière de protection de l’enfance « fait sens »

Le président de la Fondation L'Enfant c'est la vie, Olivier Selz, accueille favorablement la volonté du Conseil d'Etat neuchâtelois de favoriser le maintien des enfants dans un cadre familial plutôt que le placement en institution

Le site de Belmont, à Boudry, où se trouve la direction et l'administration de la fondation L'Enfant c'est la vie. Le site de Belmont, à Boudry, où se trouve la direction et l'administration de la fondation L'Enfant c'est la vie.

Certains professionnels ont fait part de leur inquiétude face à la réforme proposée par le Conseil d’Etat neuchâtelois en matière de protection de l’enfance et de la jeunesse. D’autres croient en ce changement de paradigme. Le président de la Fondation L’Enfant c’est la vie, Olivier Selz, voit cette réforme d’un œil positif. Le gouvernement neuchâtelois souhaite réduire le nombre de places en institution au profit d’un maintien des enfants au sein de leur famille, en développant un accompagnement ambulatoire. Le Conseil d’Etat mise aussi sur le développement de familles d’accueil.

Pour Olivier Selz, cette volonté de maintenir les enfants au sein d’un cadre familial « fait sens » et la Fondation se dit prête à accompagner ce projet.

Les conséquences les plus marquantes pour l’institution sont le redimensionnement des secteurs dédiés à la petite enfance et aux jeunes adultes, qui ne compteront plus que 8 places chacun à l’horizon 2022, contre respectivement 24 et 16 actuellement. Les foyers de la Géode et de Corail, dédiés aux jeunes adultes ne devraient plus que former une entité mixte à l’avenir, explique Olivier Selz. Aujourd’hui, filles et garçons sont séparés. Le foyer de la Coccinelle est quant à lui voué à disparaître à l’horizon 2022, confirme le président de la Fondation.

L’institution s’engage toutefois à assurer que les enfants actuellement pris en charge puissent poursuivre leur projet institutionnel jusqu’à leur terme.

Du changement en perspective pour le personnel aussi

Cette refonte du système affectera aussi le personnel éducatif. « Il y aura un redimensionnement et des emplois vont disparaître », explique Olivier Selz mais une bourse à l’emploi sera mise sur pied pour favoriser l’engagement de ce personnel au sein d’autres institutions, « à l’image de la Fondation Carrefour, qui sera appelée à se développer », étant spécialisée dans le suivi ambulatoire, ajoute le président de la Fondation L’Enfant c’est la vie.

Olivier Selz espère toutefois que le Conseil d’Etat mettra les moyens nécessaires pour mener au mieux cette réforme et assurer la sécurité des enfants. S’il s’agit juste de faire des économies, le projet est condamné, dit-il en substance. Le Conseil d’Etat évalue à trois millions de francs par année les économies à réaliser dans ce secteur.

Olivier Selz juge toutefois le calendrier ambitieux. « Ce changement de paradigme est prévu sur 4 ans, il faudra le mener au pas de charge ». À ses yeux, les acteurs qui décident d’un placement en institution vont aussi devoir changer leurs habitudes, à l’image de la justice et des assistants sociaux, pour favoriser d’autres types de prise en charge. Pour l’heure, certains enfants sont placés en institution « faute d’alternative », relève Olivier Selz, qui ajoute qu’un premier bilan de ce changement de paradigme sera tiré en 2020. /sbe


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