Le drame du chantier des Bercles une nouvelle fois devant la justice

Dix ans jour pour jour après les faits, le drame du chantier des Bercles à Neuchâtel était ...
Le drame du chantier des Bercles une nouvelle fois devant la justice

Dix ans jour pour jour après les faits, le drame du chantier des Bercles à Neuchâtel était une nouvelle fois devant la justice. Le Tribunal régional à Neuchâtel s’est penché sur l'expertise technique complémentaire demandée par la Cour pénale

Le drame s'est produit sur ce chantier le 26 février 2008. Le drame s'est produit sur ce chantier le 26 février 2008.

Toujours pas de verdict dans le drame du chantier des Bercles à Neuchâtel. Hasard du calendrier, le Tribunal régional de Neuchâtel s’est une nouvelle fois penché lundi après-midi, dix ans jour pour jour après les faits, sur cette dramatique affaire. Un ouvrier est mort, happé par une foreuse qui n’était pas équipée de câbles de sécurité. Un de ses collègues a perdu un bras en lui portant secours. Les prévenus, le directeur de l’entreprise et le chef de chantier, ont été acquittés en première instance d’homicide par négligence. La partie plaignante ayant fait recours, l’affaire a été portée devant la Cour pénale en décembre 2013 et les juges de 2e instance ont demandé un complément d’instruction.

La foreuse était conçue pour être équipée de câbles de sécurité, or, ils étaient absents le jour du drame. La Cour pénale posait donc deux questions : premièrement, est-ce que l'absence de ces câbles était due à une négligence des prévenus et, deuxièmement, est-ce que l’accident aurait pu être évité, ou du moins pas mortel, s’ils avaient été présents. L’expertise technique relève que la foreuse, sans câble, s’arrête après 1,5 tour alors qu’avec les câbles, elle est stoppée après 1,4 tour. Pour l’expert de l'EPFL, et c'est ce que met en avant la partie plaignante, l’ouvrier aurait certes été grièvement blessé mais il ne serait pas mort avec les câbles de sécurité. Et son collègue n’aurait pas perdu un bras, puisqu’il n’aurait pas dû lui porter secours.

Pour la défense, en revanche, l'expert en question n’est pas compétent pour se prononcer sur les lésions corporelles. Pour cela, il aurait fallu, comme le demandait la Cour pénale, un rapport médico-légal qui n’a pas été demandé. Quant à savoir s’il y a eu négligence de la part des prévenus, la partie plaignante affirme une nouvelle fois que le directeur et le chef de chantier ne pouvaient ignorer que la machine n’était pas conforme. Pour la défense au contraire, étant donné que certaines anciennes foreuses  ne sont pas équipées de ces câbles, ils ne pouvaient pas savoir qu’elle devait forcément en avoir.

Lors de la première audience devant le Tribunal régional, le Ministère public avait requis 90 jours-amende pour le directeur de l’entreprise et 30 pour le chef de chantier. 

Le jugement sera rendu ultérieurement. /sma


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