Légendes neuchâteloises (2/4) : la dentellière du Val-de-Ruz

Oublié au fil du temps, le métier de dentellière a pourtant marqué l’histoire neuchâteloise ...
Légendes neuchâteloises (2/4) : la dentellière du Val-de-Ruz

Oublié au fil du temps, le métier de dentellière a pourtant marqué l’histoire neuchâteloise. La légende de la dentellière du Val-de-Ruz permet de mettre en lumière ce savoir-faire aujourd’hui disparu. RTN vous emmène cette semaine à la découverte de ce récit.

« Confrontée à des tâches de plus en plus difficiles, une dentellière aurait reçu l’aide d’un nain. » (Dessin : Dilana Tassin) « Confrontée à des tâches de plus en plus difficiles, une dentellière aurait reçu l’aide d’un nain. » (Dessin : Dilana Tassin)

Il était une fois… La dentellière du Val-de-Ruz

Il y a deux cents ans à Neuchâtel, c’était l’âge d’or de la dentelle. Il y avait plus de gens qui travaillaient dans la dentellerie que dans l’horlogerie. Des milliers de femmes surtout, des enfants et quelques hommes. Les femmes exerçaient à domicile et les négociants en dentelle passaient les voir... C’est ainsi que la conteuse Ariane Racine nous plonge dans l’histoire de la dentellière du Val-de-Ruz.

Certaines légendes permettent de faire revivre des pratiques aujourd’hui oubliées. C’est le cas de la dentellière du Val-de-Ruz. Cette semaine, RTN vous propose de découvrir ce conte, réactualisé par la conteuse Ariane Racine. Ce dernier raconte l’histoire d’une dentellière confrontée à des tâches de plus en plus difficiles. Un nain vient alors lui prêter main-forte, en échange d’une seule promesse : qu’elle se souvienne de son prénom.

Pour rester au plus près de l’histoire originale, la narratrice s’est rapprochée d’une association de dentellières. « J’ai été voir quels outils étaient utilisés », explique-t-elle. Certains détails issus de la réalité ont alors nourri son travail : « Les femmes, pour faire des dentelles très fines, avaient besoin d’une bonne lumière, de beaucoup de concentration et que le fil reste souple. Or c’est dans un lieu pas très hospitalier, la cave, que ce travail puisse se faire. »

Ariane Racine : « On s’enterrait pour travailler plus vite. »

Une façon de s’approprier son environnement

Pour Ariane Racine, les légendes ancrées dans une région contribuent à créer un sentiment d’appartenance chez les habitants. En racontant l’histoire d’un lieu, les histoires permettent de mieux se l’approprier et d’y porter davantage d'attention.

« Ça permet peut-être de se sentir mieux dans l’endroit qu’on habite. »

La dentellière, symbole d’autonomie

À travers la dentellière du Val-de-Ruz, la conteuse souhaitait redonner à son personnage une certaine liberté. « Certes, il y a un marchand qui va l’exploiter, lui demander des travaux toujours plus difficiles mais elle est payée et elle va négocier », raconte-t-elle. Elle rappelle aussi que les dentellières bénéficiaient d’une certaine indépendance financière. Ces ouvrières à domicile étaient rémunérées pour leur travail, ce qui leur permettait de disposer de leurs propres revenus.

« Ce n’est pas pour rien qu’à la fin de la dentellerie, les femmes qui avaient exercé ce métier très précis ont été engagées de préférence dans les fabriques d’horlogerie. On savait qu’elles étaient débrouilles, tenaient les délais et savaient travailler avec finesse », souligne-t-elle.

« Avec l’argent qu’elle a gagné, elle se marie et elle fait une vie. » 

Grâce à ce conte, Ariane Racine redonne une voix à ces femmes dont le récit et le travail sont longtemps restés dans l’ombre. Deux siècles plus tard, elle contribue ainsi à faire vivre leur mémoire et à transmettre leur histoire aux générations suivantes. 

Mercredi, plongez dans la légende de la vouivre de Saint-Sulpice. /jta

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