Commentaire : les choix du président provoquent des ulcères à Xamax

Colère, honte, dépit… La décision du président de Neuchâtel Xamax Jean-François Collet de brader ...
Commentaire : les choix du président provoquent des ulcères à Xamax

Colère, honte, dépit… La décision du président de Neuchâtel Xamax Jean-François Collet de brader le match de championnat à Bellinzone ne manque pas de faire réagir dans le milieu du football et des passionnés. De quoi inspirer un commentaire à Jean-Paul Picci.

A La Maladière, la colère gronde après la décision de Jean-François Collet d'envoyer les moins de 19 ans à Bellinzone vendredi dernier (photo d'archives). A La Maladière, la colère gronde après la décision de Jean-François Collet d'envoyer les moins de 19 ans à Bellinzone vendredi dernier (photo d'archives).

L’image de Neuchâtel Xamax en prend un sale coup. La décision prise par le président Jean-François Collet de faire jouer les moins de 19 ans à Bellinzone vendredi soir en Challenge League de football engendre son lot de critiques virulentes et exacerbe la colère des derniers fidèles de La Maladière. 

Le commentaire de Jean-Paul Picci

Honte et honteux : au gré de mes coups de fil et de mes échanges avec de nombreux amoureux des « rouge et noir », ces deux mots n'ont eu cesse de revenir. Oui, le Xamax présidé par Jean-François Collet exaspère, certains disent qu’il a atteint le fond, mais le fossé creusé depuis six ans a-t-il vraiment un fond ? Une présidence aux antipodes des valeurs qui ont fait l'histoire du club et la fierté de toute une région : la passion, la proximité, la sueur, le mérite, le combat. 


Mépris des valeurs

Alors que Xamax se morfond dans l'indifférence générale - le nombre de billets vendus par match doit bientôt être équivalent au nombre de joueurs passés par La Maladière depuis 2020 - voilà qu'il ravive soudainement la flamme des discussions. Pas parce que le club va jouer un quart de finale de Coupe de Suisse, une première depuis 15 ans. Mais parce que son président a décidé de brader un match en plein championnat, afin de préparer ce duel contre Yverdon en laissant à la maison les trois quarts de l’effectif de la première équipe. Une décision qui va à l’encontre du respect du football, de la ligue, des adversaires, de l’équité sportive, du club, des sponsors et des supporters. Une expérience certes positive pour ces jeunes et peut-être unique même pour certains, mais ternie par cette décision impopulaire de les envoyer au casse-pipe. Car reposer les joueurs pour éviter deux matches en quatre jours, voilà un argument qui n'a pas manqué de faire bondir. Mettre sur le banc quelques cadres et jouer cette partie avec une équipe composée d’éléments du contingent avec moins de temps de jeu associée à quelques jeunes pour proposer une équipe plus équilibrée et respectueuse de la compétition, personne n’aurait rien eu à redire. D’ailleurs, si le club neuchâtelois était dans la position de Carouge au classement, la direction aurait à coup sûr crié au scandale… et à juste titre. Et puis, atteindre les demi-finales de la Coupe de Suisse et jouer à Bellinzone n’avait rien d’incompatible. Empêcher les joueurs de la première équipe de disputer ce match, c’est aussi leur enlever le rythme de la compétition et remettre en cause leurs aptitudes, parfait pour la confiance ! 


L'argent du Youth Trophy

Mais finalement, prétexter le besoin de repos et éviter le long, pénible, fatiguant déplacement au Tessin, c’est un argument bienvenu pour Jean-François Collet de se rapprocher de l’objectif qui consiste à atteindre les 6’000 minutes de temps de jeu accordé aux joueurs de moins de 21 ans et récolter ainsi 60'000 francs au terme de la saison. Et pourquoi ne pas même atteindre les 8'000 minutes et faire monter la cagnotte à 110'000 francs. Vous l’aurez compris, le sentiment partagé par beaucoup est que ce choix du propriétaire du club est guidé avant tout par des considérations financières.


Dégat d'image

Pour ceux qui ne sont pas encore résignés, la colère gronde, elle s’affiche sans filtre sur les réseaux sociaux et s’invite dans les discussions entre passionnés. Et les avis sont quasi unanimes : les valeurs sportives et morales sont bafouées. Le rejet de cette politique est total et le dégât d'image est colossal. Le malaise s’accroit encore à La Maladière. D'arriver à en entendre même certains souhaiter l'élimination de leur équipe - oui je n’invente rien - c'est que le dégoût est devenu viscéral. Une défaite contre Yverdon ne fera donc que renforcer la contestation à l’encontre du président. Et si Xamax gagne mardi, ce que je souhaite sincèrement, ce commentaire gardera tout son sens. Car Jean-François Collet aura beau répondre qu’il a eu raison et qu’il s’en fiche éperdument de mon avis et de ceux qui le critiquent, le mal est fait. Par cette décision de brader le match à Bellinzone, le préjudice en termes d’image est plus important que le bénéfice sportif qu’il pourra retirer d’une qualification.


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