Le chauffard qui a tué une jeune Chaux-de-Fonnière sera interné

L’homme qui avait renversé et tué une jeune Chaux-de-Fonnière de 25 ans en septembre dernier ...
Le chauffard qui a tué une jeune Chaux-de-Fonnière sera interné

L’homme qui avait renversé et tué une jeune Chaux-de-Fonnière de 25 ans avec sa voiture en septembre dernier, à La Chaux-de-Fonds, a été jugé irresponsable de ses actes. Le Tribunal criminel de la Métropole horlogère a ordonné son internement en milieu fermé, avec suivi thérapeutique.

Une expertise psychiatrique, jugée convaincante par la Cour, conclut que l’homme souffre d’un trouble mental sévère et qu’il n’était pas maître de lui-même au moment des faits. Les juges ont aussi requis son maintien en détention en attendant qu'un établissement l'accueille.

Le 25 septembre dernier, le conducteur roulait à une vitesse estimée entre 80 et 100 km/h sur un tronçon limité à 50km/h, à la rue du Locle. Sa voiture était montée sur le trottoir et avait heurté la victime et son petit ami. La jeune fille est décédée des suites de ses blessures peu après les faits, tandis que son compagnon a été légèrement blessé.

 

Lourde atmosphère

Jeudi matin, la salle d’audience était comble. La famille et les amis de la victime avaient fait le déplacement. L’émotion était palpable. Le juge a même dû remettre l’assistance à l’ordre lorsque celle-ci a bruyamment manifesté son désaccord face à la thèse avancée par l’avocat du prévenu. Me Michel Bise a tenté d’ajourner les débats en demandant la prise en compte, par la Cour, d’une expertise complémentaire du médecin traitant de son client. Selon l’avocat, cette expertise indiquait qu’un traitement ambulatoire pourrait suffire pour le prévenu. Les juges ont rejeté sa demande.

Pour expliquer son comportement, l’accusé a déclaré s’être senti menacé et poursuivi au moment des faits. Il a déclaré n’avoir pas été maître de lui, à cause de sa pathologie.

 

Unanimité

Le Ministère public et les avocats se sont accordés pour dire que l’homme devait être déclaré irresponsable. Même l’avocat du prévenu s’est finalement rallié à une mesure d’internement en milieu fermé pour son client.

Le juge a indiqué que cette sentence permettrait à l'homme de se soigner, tout en protégeant la société, le risque de récidive ayant été jugé important. Les parties ont 10 jours pour faire appel.

C’est peut-être la procureure qui a su le mieux cerner la situation. Nathalie Guillaume-Gentil Gross a déclaré que cette audience permettrait de tourner une page, mais pas « la » page. Elle a aussi ajouté que cette lourde affaire avait détruit deux existences : la jeune fille a perdu la vie, mais l’auteur de ce drame a lui aussi perdu quelque chose, selon elle. Et de rappeler qu’une mesure d’internement n’est pas une moindre punition par rapport à la prison, puisque la personne se voit privée de sa liberté et que sa sortie n’est pas garantie comme elle dépend des évaluations psychiatriques futures.

L’homme « doit être affranchi de toute culpabilité, malgré l’atrocité des faits », a-t-elle déclaré. Un verdict que certains accepteront difficilement, mais qui permettra peut-être aux parents et aux proches de franchir une étape dans leur deuil. /sbe


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