Proche de la saturation, Hauterive veut dézoner des vignes

Hauterive arrive peu à peu à saturation : les terrains à bâtir deviennent rares et pourtant ...
Proche de la saturation, Hauterive veut dézoner des vignes

 Près de 17'500 mètres carrés pourraient être dézonés.

Hauterive arrive peu à peu à saturation : les terrains à bâtir deviennent rares et pourtant la demande est là. La commune est attirante, mais cet attrait semble s’essouffler avec les années, précisément faute de pouvoir construire.

Le Conseil communal proposera donc lundi soir au Conseil général de dézoner 17'500 m2 de terrain situés aux Fins, au nord-ouest du village.

Vieux de près de 30 ans, ce projet a été à chaque fois soutenu par les différents exécutifs. Mais ce n’est qu’en 2006 puis 2010 qu’il a réellement pu aller de l’avant.


Des contribuables, pas des habitants

Concrètement, il s’agit de transformer une zone viticole - qui comprend 40% de vignes et 60% de prairie - en zone à moyenne densité.

Les habitations seront par exemple individuellement groupées. A terme, ce quartier - dont le plan doit encore être défini - , amènerait entre 130 et 170 personnes.

Hauterive espère attirer des contribuables d’un certain niveau, elle ne le cache pas. Nous visons des familles. Et vu le prix du terrain à bâtir, nous attendons des revenus avoisinant les 80'000 francs par année minimum, explique François Barben, président de commune.

Actuellement, la parcelle abrite notamment un bâtiment pré et parascolaire. Nous allons demander un regroupement de toutes nos activités scolaires au centre du village, poursuit François Barben. La vigne, elle, sera compensée sur la commune de La Tène.


Se battre pour la vigne

L'un des deux vignerons concernés, Christian Rossel, ne semble pas s’opposer au projet de construction. Propriétaire de 5'500 m2 aux Fins, le viticulteur explique que le sol est très inégal selon les endroits. Il est sablonneux et peu profond. Pour le raisin, ce n’est pas bon, raconte-t-il. Cela fait des années qu’on demande que cette parcelle soit dézonée.

Et comme l’exige la loi, ce qui s’arrache quelque part doit être replanté ailleurs, Christian Rossel sait déjà que si le projet est accepté, il rachètera des vignes. On en trouve !, plaisante-t-il.

Autre vigneron concerné, Alain Gerber, n'est pas favorable au dézonage. Il a dû se battre pour conserver son raisin. Le viticulteur a finalement trouvé un accord avec l’exécutif. Sur le projet de départ, qui était de dézoner deux hectares et demi, 7’500m2 m’appartenaient. Je me suis battu pendant 10 ans pour conserver mon outil de travail, raconte-t-il. Avec succès.

Après des années de discussions, Alain Gerber a finalement cédé sur 350m2 de la surface soumise au Conseil général. Inutile de dire que ce projet ne le séduit pas du tout. Je n’aurai pas le choix de vendre si c’est accepté. J’aurais aimé qu’on me les rattache au reste de mes vignes, mais la commune n’a pas voulu.


Association constituée

Alain Gerber n’est pas le seul adversaire à ce projet : des pétitionnaires se sont déjà constitués en association. Riche de 60 membres, elle a récolté près de 500 signatures pour sa pétition. Elle devrait atteindre les 550 paraphes d'ici vendredi, jour du dépôt. Le Conseil communal regrette l’absence de dialogue avec ces opposants. Nous ne connaissons pas leurs arguments, c’est dommage, déplore François Barben.

Nous avons réussi à joindre Patrick Christinat, membre de l'association. Il parle d'une qualité de vie qui serait péjorée avec ces nouvelles habitations. Les espaces verts seraient sacrifiés et la circulation au village constituerait un problème, résume-t-il.  L'association est défendue par un avocat. Elle parle de chiffres interprétés. Mais elle n'en dira pas plus...

Au final, l’exécutif souhaite que sa population ait son mot à dire. Raison pour laquelle il demande que le Conseil général avalise le rapport et amende un référendum. /abo


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