Au Moyen Âge, cette fête a été instaurée en Suisse pour encourager la population à faire des dons en faveur des plus démunis. Aujourd’hui, l’Action Jeûne Solidaire poursuit cette tradition et souhaite financer la construction d’un puits en Côte d’Ivoire.
Le lundi du Jeûne fédéral est historiquement associé à la solidarité. Au XIXe siècle, la population était invitée à se priver du repas de midi et à redistribuer l’économie réalisée. Aujourd’hui, dans le canton de Neuchâtel, même si cette tradition a disparu, cette dimension solidaire perdure à travers des projets de coopération internationale menés par l’Action Jeûne Solidaire (AJS).
Les trois Églises reconnues du canton, l’Église réformée évangélique neuchâteloise (EREN), l’Église catholique romaine et l’Église catholique chrétienne continuent ainsi de porter ensemble un projet lié au Jeûne fédéral. « Depuis deux ou trois ans, on choisit à tour de rôle un projet provenant de l’une des trois Églises », explique Sylvie de Montmollin, membre et ancienne présidente de l’AJS.
En 2011, la Fédération neuchâteloise de coopération au développement, Latitude 21, a par ailleurs été créée afin d’élargir le soutien cantonal à d’autres associations. Cette fédération a aussi pour but de mener des projets durant toute l'année.
Sylvie de Montmollin : « On a remis, petit à petit, le Jeûne sur pied. »
Cette année, le projet présenté par l’Église catholique chrétienne concerne le village de N’Da Kouassikro, en Côte d’Ivoire. L’objectif est de permettre à quelque 1’200 habitants, principalement actifs dans l’agriculture, d’accéder durablement à l’eau, sans devoir parcourir plusieurs kilomètres.
« L’idée, c’est aussi que la population contribue à hauteur d’environ 50 % sous forme de main-d’œuvre. Ce sont les habitants eux-mêmes qui vont construire. Le soutien que nous leur apportons sert à acheter le matériel », explique Sylvie de Montmollin.
« Avec 25 francs, une famille peut avoir accès à l’eau pendant une année. »
Les fonds sont récoltés dans les Églises à l’occasion des célébrations du Jeûne fédéral. Pour Sylvie de Montmollin, même si la solidarité ne diminue pas, il est nécessaire de continuer à la faire vivre : « Il faut aussi que les pasteurs, les curés et les prêtres donnent envie aux gens d’aider les populations qui en ont besoin à travers le monde. »
« Ce n’est pas que la solidarité diminue. Il faut maintenir cette fibre pour que les gens s’en souviennent et restent intéressés. »
L’an dernier, l’AJS a récolté 13'083 francs pour soutenir des entreprises agricoles et communautaires en Haïti. /yca









