Une femme sur cinq réduit son taux d’activité à cause de la ménopause en Suisse. C’est en tout cas ce que démontre MenoSupport Suisse, la première étude à l'échelle nationale sur la ménopause dans le monde du travail. L’étude, relancée en 2025, se poursuit jusqu’en 2028. Et les premiers résultats sont sans appel. Parmi les femmes interrogées, 16% affirment avoir changé d’emploi et 13% expliquent avoir dû prendre une pause à la suite de cette transition hormonale. « C’est une bonne chose que les employeurs puissent amener une culture d’entreprise un peu plus ouverte », souligne Régine de Bosset. La responsable juridique à la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie ajoute : « En parler plus va permettre que les gens soient plus à l’aise et qu’on puisse adapter les postes. »
Régine de Bosset : « Ça va permettre aux femmes de se renseigner sur ce qu’elles vivent. »
Des aménagements possibles
Pour la spécialiste, des solutions existent aujourd’hui, sans qu’il soit nécessaire d’aller jusqu’à une réduction du taux d’activité. « On peut adapter le poste en supprimant certaines tâches, en aménageant les horaires ou en répartissant le taux d’activité sur l’ensemble de la semaine, avec des journées plus courtes », explique-t-elle. Des congés non payés pourraient également être envisagés ponctuellement.
Elle rappelle aussi que le Code des obligations suisse impose aux employeurs de veiller à la santé et à la personnalité de leurs employés. La ménopause peut donc, elle aussi, entrer dans ce cadre, lorsque ses symptômes ont des répercussions sur le quotidien professionnel.
« Ça peut être du télétravail ou des aménagements sur la tenue de travail. »
Briser le silence
Pourtant, à Neuchâtel, Régine de Bosset constate que la problématique reste peu abordée dans les entreprises de la région. Un constat qui n’est guère surprenant puisque 68 % des femmes interrogées dans l’étude déclarent que la ménopause n’est jamais ou rarement évoquée sur leur lieu de travail. Pour 42 %, le sujet reste même tabou.
« Déjà, il faut que ces femmes prennent conscience que ce qu’elles vivent est lié à la ménopause. Ce n’est parfois pas toujours clair ou connu », souligne l’experte. Selon elle, certaines femmes craignent également les conséquences professionnelles si elles reconnaissent ne plus être à 100 % de leurs capacités.
« Il y a souvent une peur d’assumer le fait d’en parler au travail. »
En Suisse, près de 2,2 millions de femmes sont concernées par la ménopause et ses symptômes. Pour répondre à cette réalité, le Réseau Hospitalier Neuchâtelois organise plusieurs ateliers sur cette thématique. Les prochains se dérouleront les mercredis 21 octobre et 18 novembre. /jta
La ménopause, c'est quoi ?
La ménopause est une étape naturelle dans la vie d’une femme. Elle correspond à l’arrêt définitif des règles et marque la fin de la période où une grossesse est possible. Cette transition ne se manifeste pas de la même manière chez toutes les femmes. Certaines ressentent peu de changements, tandis que d’autres sont confrontées à des symptômes plus marqués comme des bouffées de chaleur, des troubles de l’humeur, du sommeil ou encore de la sécheresse vaginale.









