L’amour à tous les âges

En EMS, le grand âge n’efface pas le désir. Mais face à des demandes parfois nouvelles, le ...
L’amour à tous les âges

En EMS, le grand âge n’efface pas le désir. Mais face à des demandes parfois nouvelles, le personnel ne sait pas toujours comment réagir. À Neuchâtel, une formation donne des outils aux soignants pour mieux accompagner la vie sexuelle et affective des personnes âgées.

Vincent Jobin a participé à la création d’une formation pour sensibiliser les soignants en EMS à la vie sexuelle et affective des personnes âgées dans le canton de Neuchâtel. Vincent Jobin a participé à la création d’une formation pour sensibiliser les soignants en EMS à la vie sexuelle et affective des personnes âgées dans le canton de Neuchâtel.

La sexualité ne s’arrête pas à l’entrée en EMS. Depuis plusieurs années, le personnel des établissements médico-sociaux neuchâtelois voit apparaître de nouvelles attentes autour de la vie intime des résidents. Des situations qui peuvent parfois laisser les professionnels démunis face à des demandes auxquelles ils ne savent pas toujours comment répondre. Pour Vincent Jobin, sexothérapeute au sein de l’association Générations Sexualités Neuchâtel (GSN), ces changements s’expliquent notamment par l’arrivée progressive des baby-boomers en institution. Une génération qui, selon lui, aborde plus librement les questions liées à la sexualité.

C’est notamment pour répondre à ces situations que le GSN a lancé en 2023, à la suite de sollicitations du personnel des homes, une formation volontaire consacrée à cette thématique. « L’idée, c’est de sensibiliser le personnel des EMS à la vie sexuelle et affective des personnes âgées », explique le conseiller en santé sexuelle. Menée en collaboration avec l’Association Neuchâteloise des Etablissements et Maisons pour Personnes Agées (ANEMPA), cette intervention vise à mieux faire comprendre les enjeux du sujet aux professionnels et à leur donner des outils pour répondre aux besoins des bénéficiaires.

Vincent Jobin souligne qu’au-delà de la sensibilisation, des solutions concrètes existent  : « Peut-être qu’il peut y avoir une pièce aménagée qui permet à un couple, s’ils ne vivent pas dans la même chambre, d’avoir un espace où ils peuvent vivre leur intimité. » Et d’ajouter que les établissements peuvent également accompagner une personne qui souhaite faire appel à un assistant sexuel.

Vincent Jobin : « Ce sont des choses qui se mettent en place. »

« La sexualité commence très jeune et peut finir très tard dans la vie. »

« Quand on voit deux personnes âgées s’embrasser, il y aura toujours quelqu’un pour dire que c’est touchant », constate Vincent Jobin. Une formulation qui interroge le spécialiste : « Dans le fond, en quoi c’est touchant ? » Selon lui, cette réaction témoigne d’un regard encore marqué par une conception ancienne des rapports intimes. « Pendant longtemps, la sexualité faisait référence à la procréation avec l’idée que le sexe, c’est pour faire des enfants, pas nécessairement pour le plaisir ». Une vision qui évolue aujourd’hui, estime le thérapeute : « On est dans une transition de société très importante où la sexualité commence très jeune et peut finir très tard dans la vie. »

« On n’a pas l’habitude de considérer la sexualité à cet âge-là. »

Le GSN et l’ANEMPA souhaitent, à terme, pérenniser cette formation. Sa poursuite dépend toutefois encore de la volonté des directions des établissements. /jta


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus