Avec plus de 200 activités proposées gratuitement à la jeunesse, le projet porté par le Centre de loisirs de Neuchâtel investit, jusqu’au 30 août, l’intérieur et l’extérieur des Patinoires du Littoral. Au-delà de l’infrastructure, la transmission de valeurs est au cœur de l’événement
Mur de grimpe, skatepark ou encore atelier de création de bracelets : difficile de s’ennuyer à 2000-SPARK. Porté par le Centre de Loisirs de Neuchâtel, en collaboration avec l’association SPARK/Innov-Action, un vaste espace dédié au mouvement et à la création s’est installé sur les terrains de sport du quai Robert-Comtesse ainsi que dans la Patinoire secondaire du Littoral. Entièrement gratuit, l’événement a lieu tous les jours du 3 au 30 août.
Au-delà des infrastructures mises à disposition, la vocation de 2000-SPARK est aussi éducative. « C’est un laboratoire qui cherche à aller au contact des jeunes pour créer du lien et promouvoir un mode de vie sain et actif », explique Philippe Furrer, co-concepteur du projet, initialement développé dans le canton de Vaud. À l’origine de cette initiative, un constat criant. « Une bonne partie de la jeunesse n’est pas suffisamment active et est en proie à des problèmes de santé mentale », déplore celui qui a passé la majeure partie de sa carrière au Comité International Olympique. Si les clubs sportifs et les autres associations peuvent répondre à cette problématique, 2000-SPARK repose sur un modèle différent. Outre le libre accès, qui garantit une offre ouverte à toutes les classes sociales, les activités proposées sont encadrées et pratiquées dans un cadre bienveillant où l’esprit de compétition n’est pas de mise. « Ce mélange de sport, de culture et d’art urbain, c’est quelque chose qui parle aux jeunes d’aujourd’hui », souligne Philippe Furrer.
Philippe Furrer : « Aujourd'hui, les clubs sportifs ne suffisent plus. »
« Le mot-clé qui revient chez les jeunes , c'est la liberté. »
Une vitrine pour le Centre de Loisirs
Si le projet SPARK a acquis de l’expérience depuis sa phase pilote en 2023 à Renens et à Yverdon, cette année, l’événement a pris forme à la sauce « Centre de Loisirs ». Après en avoir eu vent au Forum du sport neuchâtelois, l’idée d’implanter SPARK à Neuchâtel a tout de suite fait mouche chez la désormais fondation. « On parlait le même langage : le lien avec la jeunesse, l’importance de créer des interactions, de se rencontrer, de bouger, ce sont des valeurs qu’on véhicule au quotidien et ça nous a poussés à collaborer », se remémore Quentin Guillaume, coordinateur de 2000-SPARK au Centre de Loisirs de Neuchâtel. Soutenu par le Canton et la Ville de Neuchâtel, l’événement est aussi une manière de mettre en lumière le travail de l’animation socio-culturelle. « On souhaite amener du fond. L’activité est un média pour transmettre des valeurs et des bons comportements à la jeunesse », souligne le responsable Hors Murs du Centre de Loisirs.
Quentin Guillaume : « On va plus loin que juste faire des activités. »
Les « sparkeurs » au cœur du projet
Entre les rires et les rebonds des ballons de basket sur le bitume, les encouragements des coachs se font aussi entendre. Vêtus de leur t-shirt à l’effigie de 2000-SPARK, les « sparkeurs » sont partie prenante de l’événement. Certains travaillent au Centre de Loisirs, d’autres en parallèle de leurs études, mais tous ont envie d’apporter leur pierre à l’édifice. « La dimension participative du projet est très importante, c’est essentiel de demander l’avis aux jeunes. En tant qu’adultes, on n’a parfois pas forcément tous leurs codes », glisse Quentin Guillaume. Pour les encadrants, le sourire est tout aussi important que l’attitude. « On nous a expliqué qu’il fallait qu’on soit le moins possible sur notre téléphone », explique Leila, qui effectue un stage à 2000-SPARK dans le cadre de ses études en sport à l’Université de Neuchâtel. Dans la quarantaine de « sparkeurs » présents, toutes les catégories d’âge sont représentées. Pour certains, il s’agit de leur premier contact avec le monde professionnel, pour d’autres, d’un moyen de gérer leurs difficultés. « À Morges, un jeune posait problème par son comportement violent. Nous lui avons donné un t-shirt du projet ainsi que des responsabilités, et il s’est calmé », témoigne Sacha, un « sparkeur » expérimenté.
« Tout le challenge est d'être actuel dans ce qu'on propose. »
2000-Spark, et après ?
« Quand on part, c’est assez dur, ça laisse un vide », admet Sacha. Pendant trois semaines, les terrains de sport du quai Robert-Comtesse et de la patinoire secondaire du Littoral seront rythmés par 2000-SPARK. Mais alors, quel héritage laissera le projet ? Si des discussions avec le Canton et la Ville de Neuchâtel sont en cours, pour le moment, rien n’est officiel quant à une potentielle pérennisation du projet. « Cela dépendra de l’engouement. Il y a évidemment des logiques financières derrière : le projet est gratuit pour les participants, mais pas dans sa conception », conclut Quentin Guillaume, en soulignant que les activités du Centre de Loisirs de Neuchâtel assureront également un suivi.
Pour l’heure, 2000-SPARK est ouvert, et ce jusqu’au 30 août. Le programme complet est à retrouver ici. /ave










