Comment allier médicaments et canicule ?

Avec le retour des fortes chaleurs, vous vous demandez peut-être comment conserver vos médicaments ...
Comment allier médicaments et canicule ?

Avec le retour des fortes chaleurs, vous vous demandez peut-être comment conserver vos médicaments pour ne pas mettre en danger votre santé. Voici les conseils pratiques du pharmacien Sébastien Marti.

Le directeur de la plateforme de santé Pharmacie Marti, Sébastien Marti, appelle à conserver les médicaments dans un endroit sans grandes variations de température et à l’abri de la lumière. Le directeur de la plateforme de santé Pharmacie Marti, Sébastien Marti, appelle à conserver les médicaments dans un endroit sans grandes variations de température et à l’abri de la lumière.

Chaleur et médicaments ne font pas toujours bon ménage. Face au chaud, certains peuvent perdre leur efficacité, voire devenir dangereux. Le tout dépend de plusieurs facteurs comme la durée et l’intensité de l’exposition. Mais aussi de la forme galénique, c’est-à-dire de la manière dont le médicament est présenté. Pilules, suppositoires, sprays ou liquides réagissent tous de manière différente. Une chose est commune : des tests sont réalisés avant une mise sur le marché. Swissmedic, l’organe suisse chargé de surveiller les produits thérapeutiques avant leur commercialisation dans le pays, teste une résistance jusqu’à 40 degrés pour les médicaments qui ne demandent pas à être mis au frigo. « Cela ne veut pas dire qu’il faut atteindre cette limite, mais théoriquement il y a une capacité de résistance par rapport aux normes prescrites » précise Sébastien Marti, pharmacien et directeur de Pharmacie Marti Group.

Sébastien Marti : « Les fournisseurs doivent prouver une certaine résistance aux écarts de température. » 

Conseils pratiques

Les médicaments solides doivent normalement être tenus entre 15 et 20 degrés. En cas de variation de quelques degrés, tant qu’il n’y a pas de changement d’aspect ils peuvent être ingérés. C’est la forme la plus résistante et la plus stable. Pour les suppositoires en revanche, dès que la capsule externe fond ils ne peuvent plus être utilisés. Quant aux liquides, la chaleur peut causer une évaporation et donc un changement dans la concentration de l’agent actif, ce qui n’est pas souhaitable. Les pommades et gels sont aussi à éviter une fois qu’ils ont tourné. Selon Sébastien Marti, « c’est rare que cela devienne vraiment dangereux, mais des fois c’est indirectement dangereux d’avoir un médicament qui n’est pas efficace ».


En cas de doute ?

Si vous avez une suspicion de problème, le spécialiste recommande de placer les médicaments « en quarantaine », c’est-à-dire de les mettre de côté tout en notant rigoureusement ce qui s’est passé. Il faut ensuite se référer à votre pharmacien qui pourra faire une « analyse au cas par cas pour voir s’il y a des mesures à prendre ou non ».

Internet peut aussi être sollicité pour des informations générales. Le site des HUG propose notamment des recommandations de conservation destinées aux pharmacies qui peuvent être consultées librement en cas d’intérêt. Quant à l’intelligence artificielle, Sébastien Marti appelle à avoir un esprit critique et à consulter un expert dès qu’il y a « des points à clarifier » et afin d’être « vraiment sûr ».

« Les pharmaciens peuvent vous aider. » 

Et en vacances ?

Si vous êtes en déplacement en voiture, notamment en vacances, veillez à ne pas y laisser vos médicaments une fois stationné. Le mercure grimpe très rapidement dans les véhicules exposés au soleil. En cas de long trajets, des pochettes thermiques peuvent être utilisées. Pour les médicaments qui demandent à être réfrigérés, comme l’insuline ou les traitements pour la perte de poids, de la glace peut y être ajoutée. Il faut cependant absolument éviter le contact direct avec celle-ci afin d’éviter une cristallisation et donc une perte d’effet des substances.

En avion, il existe une tolérance internationale pour les pochettes thermiques ainsi que pour les médicaments de manière générale. Sébastien Marti recommande de garder ses médicaments avec soi en cabine, car la soute de l’avion est soumise à de fortes variations de température et de pression. Lors du passage de sécurité, plus il y a de documentation, mieux c’est. Ainsi, l’expert vous invite à avoir « une étiquette avec le nom du patient et de la pharmacie », voire même l’ordonnance. Il ajoute que pour les traitement « sensibles, comme les stupéfiants », une autorisation de voyage du médecin ou de la pharmacie est nécessaire.

« Oui, il y a une tolérance pour les pochettes thermiques dans les aéroports. » 

Dans les pharmacies, des relevés quotidiens, voire continus, sont menés. En cas de variation de température anormale, un protocole est directement engagé. Chez Pharmacie Marti Group, les succursales sont entièrement climatisées.

Chez vous, de manière générale et encore plus en cas de fortes chaleurs, il est recommandé de ne pas conserver vos médicaments dans votre salle de bain. Il y a en effet de grandes variations d’humidité. La cuisine n’est pas non plus idéale. Il faudrait donc avoir le tout dans un couloir aéré et ombragé, car l’exposition directe à la lumière est aussi potentiellement problématique.

On peut donc retenir qu’il faut prendre le plus de précautions possibles pour éviter les variations environnementales, être vigilant et documenter le tout si cela arrive, et toujours se référer à des professionnels en cas de doute. /ewa


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