Neuchâtel, laboratoire de l'agriculture biologique

En 2026, le bio fête ses dix ans de présence renforcée en Suisse romande. Trois acteurs clés ...
Neuchâtel, laboratoire de l'agriculture biologique

En 2026, le bio fête ses dix ans de présence renforcée en Suisse romande. Trois acteurs clés du mouvement ont proposé mardi une visite de terrain pour mettre en lumière le dynamisme de l’agriculture biologique neuchâteloise. Immersion dans la ferme de la famille Challandes à Fontaines.

Stéphane Challandes (au centre à droite) dans son champ de blé en butte, une innovation qui semble porter ses fruits dans le Val-de-Ruz. Stéphane Challandes (au centre à droite) dans son champ de blé en butte, une innovation qui semble porter ses fruits dans le Val-de-Ruz.

Le bio bourgeonne depuis dix ans en Suisse romande. Trois institutions ont choisi de célébrer ensemble leur présence renforcée dans la partie ouest du pays. Il s’agit de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), de la fédération Bio Suisse et de l’organe de contrôle bio.inspecta. Pour cela, des rencontres sur le terrain sillonnent, tout au long de l’année, les différents cantons romands. Ce mardi, les festivités ont eu lieu dans le canton de Neuchâtel, à la ferme de la famille Challandes, à Fontaines.

Si les trois acteurs se sont réunis, ce n’est pas un hasard. Ils collaborent régulièrement sur le terrain. Claire Berbain, chargée de communication du FiBL en Suisse romande, explique que son institut fait de la recherche appliquée. Une pratique au contact du terrain qui consiste à « développer des essais et des expérimentations en collaboration avec les agriculteurs » avant que les méthodes développées ne soient étendues à une plus large échelle.

Claire Berbain : « Neuchâtel est un canton extrêmement diversifié. » 

Claire Berbain, chargée de communication pour le FiBL, devant le drapeau d’anniversaire érigé devant le domaine de la famille Challandes. Claire Berbain, chargée de communication pour le FiBL, devant le drapeau d’anniversaire érigé devant le domaine de la famille Challandes.

Dix ans de croissance

Bien qu’actifs depuis plus longtemps, ces trois acteurs du bio en Romandie se sont fait un nom dans le milieu depuis une décennie. L’Institut de recherche de l’agriculture biologique FiBL a été créé en 1973 à Frick dans le canton d’Argovie. L’institut s’est aussi développé dans plusieurs pays européens. Il est aujourd’hui l’un des principaux organes mondiaux de recherche en la matière. Il mise sur une recherche interdisciplinaire et appliquée. Claire Berbain affirme que l’essor de l’agriculture bio est due en partie à la présence d’« un marché, un soutien politique, des données scientifiques et d’un accompagnement technique ».

« Aujourd’hui, se lancer dans le bio c’est plus facile qu’hier. » 

La ferme Challandes au Val-de-Ruz a été l’étape neuchâteloise de la tournée intercantonale de fête des dix ans de présence du bio en Suisse romande. La ferme Challandes au Val-de-Ruz a été l’étape neuchâteloise de la tournée intercantonale de fête des dix ans de présence du bio en Suisse romande.

Quant à la Fédération Bio Suisse, elle regroupe toutes les entreprises qui disposent du fameux « Bourgeon ». Plus de 7'400 agriculteurs, viticulteurs ou encore apiculteurs sont titulaires de cette certification privée en Suisse. Ils sont plus de 120 dans le canton.

L’organe de référence pour l’agriculture biologique s’est implanté en Romandie il y a dix ans, malgré une création en 1981. Pascal Olivier, responsable de l’antenne romande de Bio Suisse explique que le nombre de fermes pratiquant l’agriculture biologique a « plus que doublé ». Une évolution aussi constatée à Neuchâtel, notamment en viticulture. Plus de 60% des surfaces viticoles du canton sont aujourd’hui certifiées bio.

Pour pouvoir jouir de ce label, les exploitations doivent passer un contrôle annuel. Celui-ci peut être dispensé par l’entreprise bio.inspecta, qui s’occupe de 1'300 fermes chaque année. Elle fête aussi les dix ans de la création de son bureau à Étagnières dans le canton de Vaud. Rolf Schweizer, directeur de bio.inspecta Romandie, note qu’une « certaine relation se met en place entre la personne contrôlée et le contrôleur ». Elle est notamment constructive en parlant des dernières découvertes du milieu. Par soucis légal, les contrôleurs ne peuvent pas suivre une même ferme pendant plus de trois ans.

Une rencontre au cœur de l’innovation

Le domaine vaudruzien de Stéphane Challandes n’a pas été choisi au hasard par les institutions pour célébrer leurs dix ans. Il a la particularité d’être un véritable laboratoire à ciel ouvert pour tester de nouvelles approches agronomiques. Spécialisée dans les grandes cultures, tout en ayant un atelier de vaches mères, la ferme cherche aussi à valoriser localement des productions inédites comme les lentilles, le quinoa ou les huiles. Le tout est vendu en circuit court, grâce au projet de développement régional du Val-de-Ruz.

Reportage en immersion dans la ferme Challandes.

/ewa


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