Baptiste Hurni : « La planification hospitalière ne doit pas être réalisée en vase clos »

La planification hospitalière intercantonale est en bonne voie au Parlement fédéral. Ce lundi ...
Baptiste Hurni : « La planification hospitalière ne doit pas être réalisée en vase clos »

La planification hospitalière intercantonale est en bonne voie au Parlement fédéral. Ce lundi à Berne, le Conseil des États a envoyé un signal clair en ce sens : la mutualisation des ressources pourrait améliorer la qualité des soins. Entretien avec le conseiller aux États neuchâtelois Baptiste Hurni.

Baptiste Hurni a été rapporteur d'une motion sur la planification hospitalière intercantonal ce lundi lors de la session d'été du Conseil des États  . (Photo d'archive : KEYSTONE / Alessandro della Valle) Baptiste Hurni a été rapporteur d'une motion sur la planification hospitalière intercantonal ce lundi lors de la session d'été du Conseil des États  . (Photo d'archive : KEYSTONE / Alessandro della Valle)

Longtemps chasse gardée des Cantons, la planification hospitalière doit aujourd’hui être mieux coordonnée au niveau intercantonal. C'est le point de vue d'une majorité du Parlement fédéral. Lundi, il a indiqué que les efforts des régions vont dans la bonne direction, mais qu’un potentiel d’améliorations subsiste. L’objectif n’est toutefois pas de retirer aux Cantons la compétence en matière de planification hospitalière, mais plutôt de s’assurer qu’ils s’acquittent de leurs tâches. Dans le cas contraire, la Confédération doit pouvoir intervenir à titre subsidiaire. 

« C’est un petit peu une menace (...) ; généralement, quand on prévoit ce genre de dispositif, les Cantons font le travail », explique le conseiller aux États neuchâtelois Baptiste Hurni, en soulignant que les Cantons ont depuis œuvré dans ce sens. « La planification doit rester une compétence des Cantons. Ce sont eux qui connaissent le mieux les besoins de leur population, mais ils ne peuvent pas agir en vase clos », ajoute l'élu socialiste. Pour le moment, les mécanismes de collaboration intercantonale sont bien huilés en ce qui concerne la médecine hautement spécialisée. L’enjeu consiste donc parfois à déterminer ce qui entre dans cette catégorie ou non. « Nous ne pouvons pas adopter un concept global, il faut entrer en matière sur les prestations au cas par cas », relève le Neuchâtelois

Baptiste Hurni : « C'est très important que les cantons conservent la compétence de la planification hospitalière. »

Des prestations plus efficaces, aussi pour le canton de Neuchâtel

« De nombreux hôpitaux sont aux soins intensifs du point de vue financier » : voilà les premiers mots de la motion dont Baptiste Hurni a été le rapporteur ce lundi. Si celle-ci a été classée, le constat reste parlant et fait écho à la situation financière du Réseau hospitalier neuchâtelois. 

Si les causes du déficit de 26,9 millions de francs pour 2025 sont multiples, une meilleure planification hospitalière intercantonale ne pourrait, selon l’avocat neuchâtelois, qu’être positive pour le système hospitalier du canton. « Plus la planification est bien imbriquée dans l’environnement intercantonal, plus les prestations seront efficaces et efficientes », confirme-t-il, en soulignant que le plus important reste, à ses yeux, que les prestations correspondent aux besoins de la population neuchâteloise.

Mais alors, une mutualisation des ressources rime-t-elle forcément avec une baisse de l’offre hospitalière ? De nos jours, avec les avancées de la médecine, certains équipements sont plus coûteux. « Ce qui, il y a quelques années, pouvait être fait de manière régionale ne l’est plus aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que l’hôpital de La Chaux-de-Fonds est menacé, mais que les prestations doivent être bien réparties avec le site de Pourtalès », explique le conseiller aux États neuchâtelois. Une répartition plus juste qui pourrait, selon lui, améliorer le niveau des soins et permettre de réaliser des économies. « L’objectif principal est que la qualité des prestations soit améliorée », insiste le membre du Parti socialiste.

« Le but ce n'est pas de réaliser des économies, mais la qualité des prestations. »

Un recul du confort ?

Si la planification hospitalière intercantonale présente des avantages, une plus grande centralisation des ressources hospitalières pourrait impliquer des déplacements plus importants pour les patients. Pour Baptiste Hurni, la qualité des soins doit primer sur le reste. « S’il est démontré qu’une prestation doit être centralisée pour être de meilleure qualité, j’entre en matière. Dans le cas contraire, l’importance de disposer de prestations de proximité doit être prise en compte », nuance le vice-président de l’Organisation suisse des patients. L’équilibre reste donc encore à trouver. La balle est maintenant dans le camp des Cantons. Ils devront mettre en œuvre une planification concertée à l’échelle régionale. Si aucun progrès n’est réalisé, la Confédération devra agir. /ave


 

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