Malgré un résultat fortement dans le rouge, le Réseau hospitalier neuchâtelois est sur une tendance positive. Pour la première fois depuis 2019, il enregistre une croissance des revenus plus importante que celle des charges. La reprise du Groupe Santé Volta, en faillite, pèse de manière extraordinaire dans le résultat.
Le résultat est bien rouge, mais du rose se dessine à l’horizon. Le Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe) affiche un déficit de 26,9 millions de francs pour 2025, en incluant l’impact financier de la faillite du Groupe Santé Volta. Sans cet élément extraordinaire, les comptes présenteraient une perte de 21,8 millions de francs, soit un écart de 1,9 million de francs par rapport au budget.
Plusieurs éléments, présentés en conférence de presse ce vendredi après-midi, sont en cause : les patients en attente de placement, aussi appelés lits C, occupent toujours plus de lits (+ 4'370 journées d'hospitalisation), au détriment d’autres patients. La journée facturée rapporte donc moins de recettes au RHNe. En conséquence, la réduction du dispositif aigu, prévu au budget, n’a pas pu être effectuée.
« C’est préoccupant, mais c’est sur un trend positif par rapport aux années précédentes », explique Pascal Braichet, président du Collège des directions.
Le RHNe espère pouvoir envisager un retour à l’équilibre financier dans les années à venir. Selon Pascal Braichet, ce ne sera toutefois pas avant 2030. D’ici-là, le futur de l’hôpital se dessine dans les options stratégiques 2026-2030. Pour Philippe Eckert, président du Conseil d’administration, l’hôpital de demain passera par le futur réseau de soins intégrés cantonal, à savoir un développement de soins ambulatoires de proximité.
Un réseau de soins qui tisse sa toile
Le Réseau hospitalier neuchâtelois occupe une place prépondérante dans ce système, avec notamment Réso.ne, né de la reprise du Groupe Santé Volta, et le projet de Monruz, où sera créée une antenne du RHNe sur près de 5'000 mètres carrés, soit environ deux étages et demi du bâtiment appartenant à Admed. Le plan d’occupation de ces locaux sera connu en août prochain et la mise en exploitation devrait survenir au début de l’année 2028. Le déménagement de plusieurs disciplines devrait permettre de libérer des capacités hospitalières pour les soins aigus et urgents sur le site de Pourtalès.
Philippe Eckert, président du Conseil d’administration du RHNe : « L’hôpital de demain offre plus de prestations ambulatoires qu’aujourd’hui. »
Ce réseau de soins intégrés devrait notamment se faire en collaboration avec d’autres institutions, telles que le Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP), Nomad ou Aross. Par ailleurs, une collaboration avec l’assurance CSS est également en préparation pour le 1er janvier 2027, sur l’exemple du Réseau de l’Arc, dans le Jura bernois, et son modèle intégré Viva. Ces différentes options stratégiques auront pour but une amélioration de l’efficience globale du dispositif, un développement de maisons de santé de proximité ainsi qu’une optimisation du parc immobilier sanitaire.
Par ailleurs, un accent marqué sera mis sur la numérisation pour faciliter la transmission de données entre les différents acteurs du réseau. Le Conseil d’Etat devrait valider la stratégie institutionnelle du RHNe d’ici fin 2026. /bla









