« Des vies à la frontière » est à découvrir dimanche au cinéma Colisée en présence du cinéaste valaisan d’origine vallonnière. Son documentaire raconte, à travers l’histoire de sa famille, la vie des gens ordinaires lors de la Seconde Guerre mondiale.
Une famille ordinaire originaire du Val-de-Travers au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Pierre-André Thiébaud présente dimanche à Couvet la première neuchâteloise de son film documentaire « Des vies à la frontière ». Le cinéaste valaisan n’a jamais habité ni au Vallon ni dans le canton de Neuchâtel, mais il est lié à la région de par son histoire familiale. Enfant, son père a habité au Val-de-Travers jusqu’au décès de ses parents. Pierre-André Thiébaud a voulu en savoir davantage sur sa famille et ce qu’elle a vécu durant la Seconde Guerre mondiale, comme il l’a expliqué vendredi dans La Matinale. Le film s’ouvre sur la découverte, par Pierre-André Thiébaud, du Val-de-Travers. « Pour mon père, le Val-de-Travers, c’était l’enfance perdue ; le paradis perdu. Pour moi, c’était quelque chose qui était inscrit sur mon passeport. (…) Les Valaisans aiment bien savoir de quel village tu es et Thiébaud, ce n’est pas valaisan. » Le cinéaste est allé à la découverte de ce territoire et de sa famille. Les non-dits d’une famille, explique-t-il, sont terribles. « Il y avait beaucoup de mystère, des frères et des cousins de mon père que je ne connaissais pas. » Pierre-André Thiébaud s’est alors lancé dans une enquête sur cette famille, « mais surtout autour de la guerre ». Il voulait comprendre comment la famille Thiébaud de Couvet pouvait être à la fois « tante Adèle chez les nazis à Friedrichshafen, tante France en Provence et engagée dans l’armée française et mes parents, en Suisse, à Chippis, à Aluminium Suisse qui fournissait de l’aluminium pour les avions et les chars allemands. » Son but : relier la petite histoire à la grande histoire.
Entretien avec Pierre-André Thiébaud
Un film pédagogique
Pierre-André Thiébaud travaille sur ce film depuis six ans. À l’époque, la guerre en Ukraine n’avait pas encore commencé. Aujourd’hui, l’actualité donne une autre résonance à ce documentaire. « Je veux en faire un film pédagogique où les gens viennent parler de ce qu’ils vivent quand ils sont dans la guerre. » Des ressentis que l’on connait peu : comment peut-on vire quand il y a la guerre, aimer, se marier, avoir un avenir ? En faisant ce film, Pierre-André Thiébaud a réalisé que même en Suisse, il y a eu toute une douleur que je ne connaissais pas. « Ils devaient descendre pour se protéger des avions à Chippis, je ne le savais pas. »
Le cinéaste valaisan sera présent dimanche au Colisée à Couvet pour la projection, dès 16h, de son film documentaire « Des vies à la frontière ». /sma










