L’antibiorésistance au cœur d’un Café scientifique à Neuchâtel

Ce phénomène inquiète et prend de l’ampleur. L’OMS indique qu’en 2019 cette résistance aux ...
L’antibiorésistance au cœur d’un Café scientifique à Neuchâtel

Ce phénomène inquiète et prend de l’ampleur. L’OMS indique qu’en 2019 cette résistance aux antibiotiques a été directement ou indirectement responsable de la mort de plus de 4,7 millions de personnes dans le monde. Focus ce mercredi à l’Université de Neuchâtel sur les armes contre l’antibiorésistance.

Pilar Junier, professeure de microbiologie à l’Université de Neuchâtel , invité de « La Matinale ». Pilar Junier, professeure de microbiologie à l’Université de Neuchâtel , invité de « La Matinale ».

La résistance aux antibiotiques devient un enjeu mondial. Une thématique abordée mercredi soir lors d’un Café scientifique à l’Université de Neuchâtel. L’Organisation mondiale de la santé a publié à la fin de l’année passée une mise en garde préoccupante : un sixième des bactéries qui entraîne des infections courantes chez l’être humain est résistante aux traitements aux antibiotiques. Une résistance qui a été directement responsable de 1,27 million de morts en 2019 et qui a contribué au décès de 5 millions de personnes durant la même période. En Suisse, entre 2010 et 2019, le nombre de décès liés à l’antibiorésistance a doublé pour s’établir à 300.

Pour imager cette antibiorésistance, Pilar Junier, professeure de microbiologie l’Université de Neuchâtel et intervenante lors du Café scientifique, l’a comparée mercredi dans La Matinale à un balai. « Quand vous l’utilisez pour la première fois, le balai est neuf, et il ne reste plus une poussière. Ensuite, vous commencez à mal l’utiliser, par exemple à l’extérieur, et il reste de plus en plus de poussière. Vous devez alors passer à un moyen supérieur en achetant un aspirateur. » À un moment donné, l’aspirateur ne remplit plus non plus son rôle. C’est exactement la même chose avec les antibiotiques qui ont parfois été mal utilisés. Et on ne peut pas lutter contre ce phénomène. Ce n’est pas parce que je consomme très rarement des antibiotiques qu’ils auront en effet sur moi. « Si vous attrapez l’angine de quelqu’un qui est à côté de vous, qui a consommé des antibiotiques toute sa vie, la bactérie que vous avez attrapée est probablement déjà résistante aux antibiotiques. »

Des alternatives aux antibiotiques

Les chercheurs planchent sur des solutions alternatives comme la phagothérapie. Il s’agit d’utiliser des ennemis naturels des bactéries, les phages qui sont de sortes de virus « qui vont éliminer les organismes pathogéniques et pas tous les organismes comme c’est le cas des antibiotiques. » Une alternative qui sera notamment discutée ce mercredi lors du Café scientifique « Quelles armes contre l’antibiorésistance ? ». La manifestation commence à 18h dans le bâtiment principal de l’Université de Neuchâtel. L’entrée est libre. /sma


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