Neuchâtel veut renouer avec une page parfois méconnue de son histoire. L’association Neuchâtel-Berlin présente ce mardi les premiers résultats du projet « À la recherche d’une mémoire oubliée ». Objectif : inventorier les archives liées à la période où le canton était une principauté gouvernée par le roi de Prusse, entre 1707 et 1848.
Durant près d’un siècle et demi, le canton de Neuchâtel a en effet eu pour souverain le roi de Prusse, installé à Berlin. Ce gouvernement à distance a généré d’importants échanges politiques, économiques et culturels. De cette relation subsiste un vaste patrimoine d’archives, en grande partie conservé aujourd’hui au Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz.
Une archiviste suisse à Berlin depuis mars
Depuis le 1er mars 2025, l’archiviste suisse Myriam Erwin mène un travail d’inventaire sur place. Sa mission : identifier, décrire et structurer les documents relatifs à la souveraineté prussienne sur Neuchâtel. Le projet vise à rendre ces sources plus facilement accessibles aux chercheurs et au public suisse.
Après la révolution de 1848 et l’instauration de la République, la mémoire prussienne s’est progressivement estompée dans le canton. À Berlin, en revanche, des traces subsistent encore, notamment à travers des noms de rues comme Neuchateller Straße ou Neuenburger Straße.
Retisser des liens scientifiques et culturels
Pour le président de l’association Neuchâtel-Berlin, le conseiller national Damien Cottier, il ne s’agit pas seulement d’un travail d’archives. L’initiative entend aussi renforcer les liens entre institutions patrimoniales neuchâteloises et berlinoises. Elle doit encourager de nouvelles recherches historiques et favoriser des échanges scientifiques et culturels entre le canton et la capitale allemande. « Le but, ce n’était pas de faire de grandes découvertes », explique Damien Cottier. « On connaissait ce fonds d’archives, mais il n’était pas inventorié de manière précise », ajoute-t-il.
Une rencontre organisée à l’Ambassade de Suisse à Berlin ce mardi permet de dresser un premier bilan et de présenter le projet. « On a quand même découvert quelques documents, notamment des copies de documents du Moyen-Âge avec des sceaux des familles neuchâteloises qu’on avait perdus à Neuchâtel – probablement dans le grand incendie de 1714 – et qui ont été copiés pour le roi de Prusse », raconte le président de l’association.
Entretien avec Damien Cottier depuis Berlin :
À terme, les initiants espèrent que cette démarche permettra à Neuchâtel de se réapproprier un pan de son histoire longtemps resté en arrière-plan. Damien Cottier précise que l’association réfléchit à une numérisation de certaines de ses archives, ainsi qu’à une publication. /aju-lgn









