Détruite en 2022 dans une attaque russe, cette ambulance ukrainienne est désormais transportée à travers l’Europe pour sensibiliser à la réalité de la guerre. Le responsable de cette initiative et les associations locales sont sur place pour récolter des dons.
La surprise transparaît sur le visage des passants. Devant eux, remorquée par une camionnette, une ambulance passe. Cabossée, criblée de balles, les vitres ont disparu, le pare-chocs est à moitié arraché. Cette ambulance vient d’Ukraine. En intervention en 2022 à Kharkiv, elle a été prise pour cible par un drone. Une mine d’abord, des tirs ensuite. Les passagers à bord ont miraculeusement survécu.
Une tournée européenne
Au volant de la camionnette qui la remorque : Franck Labourey. Il a créé le groupe « Les Anges de la route pour l’Ukraine », qui regroupe plusieurs associations d’entraide pour l’Ukraine. Cette initiative est née il y a quelques années, après que Franck Labourey s'est rendu sur le terrain pour « amener 12 ambulances, six camions de pompiers et d’autres véhicules ». Témoin des dégâts sur place, il a alors décidé de se mobiliser pour « sensibiliser les gens ».
Franck Labourey : « Quand vous croisez leur regard, vous vous dites que vous ne pouvez pas les abandonner. »
Aujourd’hui, l’ambulance traverse l’Europe pour imager la réalité de la guerre. Après être passée par la France, le Luxembourg et la Belgique, elle est désormais en Suisse. Ce vendredi et samedi, elle s’est arrêtée à Neuchâtel, devant la fontaine de la Justice.
Sensibiliser et récolter des dons
Sur place, plusieurs représentants d’associations locales étaient présents vendredi. Au programme : discussions avec les passants et récolte de dons. Pierre Aubert est à la tête de l'association « Soutien à l’Ukraine Val-de-Travers ». L'objectif premier de cette entité était d'aider les Ukrainiens réfugiés en Suisse et de les accompagner dans leur nouveau quotidien. Puis, l'association a commencé à collecter du matériel pour l'envoyer sur le terrain. « En deux ans, nous avons envoyé deux semi-remorques de matériel dans les régions et chez les gens qui en ont besoin ». Pour lui, la présence de l’ambulance sur la place neuchâteloise permet de « rappeler à la population que la guerre est loin d’être terminée et de sensibiliser à la cruauté de ce qui se passe là-bas ».
Pierre Aubert : « C'est loin d'être un cas unique, ils ont détruit 273 ambulances à ce jour. »
Devant l’ambulance, une pancarte liste des données. Depuis le début de la guerre, 2'285 établissements médicaux ont été touchés, dont 311 ont été complètement détruits. Ce chiffre s’élève à 411 pour les casernes de pompiers et à 273 pour les ambulances. /raf










