Pour la cinquième année consécutive, la population cantonale est en hausse à Neuchâtel. En 2025, le nombre d’habitants a augmenté de 853 personnes, une progression qui touche 17 des 24 communes neuchâteloises.
Le canton de Neuchâtel franchit le palier des 180'000 habitants en 2025 : un record dans son histoire. La population neuchâteloise a augmenté de 853 personnes, soit une hausse de 0,48% par rapport à 2024, poursuivant ainsi son augmentation pour la cinquième année consécutive, indique le communiqué du canton transmis ce jeudi. Parmi les nouveaux arrivants, 150 sont de nationalité suisse, soit une augmentation de 0,11 %, et 703 sont des ressortissants étrangers, ce qui représente une progression de 1,45 %. Comme déjà observé l’an dernier, la communauté étrangère qui augmente le plus reste celle des ressortissants français. Ils sont 546 de plus que l’année précédente. Cette hausse est particulièrement marquée dans le Val-de-Travers (+11,74 %) et dans les Montagnes (+7,98 %). « Un travail important est mené en matière de domiciliation, notamment pour inciter les travailleurs frontaliers à venir s’établir en Suisse. Passablement de communes travaillent aussi activement sur cet axe-là », explique le conseiller d’État Frédéric Mairy. « Sans disposer encore, à ce stade, du détail précis de la provenance des ressortissants français — qu’il s’agisse uniquement de frontaliers ou de personnes venant de plus loin —, on constate néanmoins que l’attractivité actuelle vis-à-vis de cette population se confirme », ajoute le conseiller d’État.
Frédéric Mairy : « On voit que la tendance est assez forte, ce qui, pour nous, est réjouissant. »
La communauté étrangère la plus représentée dans le canton reste la portugaise, avec 24,75 %, mais les ressortissants français représentent désormais 22,15 % de la population en provenance d’autres pays.
À noter encore que la hausse du nombre de Français devance celle du nombre de personnes de nationalité ukrainienne (+115) et espagnole (+52). Une diminution des personnes de nationalité portugaise (-101), ainsi que des ressortissants italiens (-100), est observée. « On sait qu’il y a naturellement une certaine tendance au retour au pays des ressortissants étrangers, notamment portugais. On avait connu une vague de départs assez importante, en lien notamment avec des modifications fiscales intervenues au Portugal il y a quelques années. Et chaque année, on voit effectivement qu'il y a des petits flux comme ceux-là avec quelques départs », analyse le conseiller d’État.
Frédéric Mairy : « Il faudra voir si ce sont des gens qui partent dans un autre canton. »
Au niveau des quatre régions du canton, toutes connaissent une augmentation de leur population. C’est le Littoral qui séduit le plus, avec un total de 530 nouveaux arrivants, soit une progression de 0,54 %, suivi de près par les Montagnes, qui recensent 271 nouveaux venus (+0,51 %). Le Val-de-Travers gagne 29 personnes et le Val-de-Ruz 23, pour des hausses respectives de 0,25 % et 0,13 %. Au total, pas moins de 17 communes enregistrent une hausse sur les 24 du canton.
Au niveau communal, c’est La Chaux-de-Fonds qui affiche la plus forte hausse, avec 277 nouveaux résidents. Elle devance la ville de Neuchâtel et La Grande Béroche, qui comptabilisent respectivement 150 et 133 nouveaux habitants.
Si La Chaux-de-Fonds enregistre la plus forte hausse cantonale, dans la commune voisine du Locle, les chiffres sont bien différents. Alors que la Mère Commune porte une attention particulière à sa politique de domiciliation depuis quelque temps, avec sa campagne promotionnelle « Le Locle, site de rencontres », elle voit sa population diminuer légèrement (-5). Cela peut s’apparenter à un revers pour les autorités, mais ce n’est pas l’analyse du président de l’exécutif loclois, Mickaël Berly : « Non, je pense que cette politique fonctionne, mais c’est vrai qu’on va en voir les effets sur plusieurs années. Cette campagne n’est pas encore finie. On a encore des actions qui auront lieu en 2026, en début d’année. On fera un bilan de cette campagne plutôt à la mi-année 2026 ». Mais comment expliquer une telle différence entre deux communes que seul le Crêt-du-Locle sépare sur le plan géographique ? « C’est vrai que La Chaux-de-Fonds enregistre une très forte augmentation cette année. Peut-être qu’en termes d’attractivité immobilière, ils ont un peu d’avance par rapport à nous. Mais cela reste au conditionnel, car nous n’avons pas encore mené cette analyse », répond Mickaël Berly.
Mickaël Berly : « Nous, ce qu’on constate, c’est une stabilité. »
À Val-de-Ruz, la troisième commune la plus importante du canton en termes de population, il y avait 23 personnes supplémentaires au 31 décembre dernier qu’une année auparavant. Mais, comme en 2024, il y a eu davantage de départs (972) que d'arrivées (932), le solde migratoire est donc négatif et s’établit à -40. « Est-ce qu’on doit mettre cela en relation avec un léger ralentissement des constructions neuves constaté ces deux à trois dernières années ? Est-ce une tendance de long terme ? Il est vrai que l’analyse est difficile à faire. Nous gardons évidemment ce chiffre à l’esprit pour nous interroger au niveau du Conseil et prendre des mesures qui favoriseront un peu plus d’offres de logements dans notre commune », analyse le Conseiller communal Roby Tschopp.
Roby Tschopp : « Sur les années précédentes, on a remarqué que la plupart des départs sont motivés par des changements de situation de vie. »
C’est donc grâce au changement de statut de séjour de 29 personnes, mais surtout grâce à la balance positive de +34 entre les naissances (180) et les décès (146) que la Commune peut afficher une augmentation. Roby Tschopp, conseiller communal à Val-de-Ruz relève que 180 naissances en une année, c’est un record. « On remarque que les familles s'installent volontiers à Val-de-Ruz. Manifestement, les jeunes couples qui viennent chercher, j'imagine, de laq proximité avec la campagne et la nature d'une part, mais peut-être aussi la vie des villages qui est restée très vivace à Val-de-Ruz », ajoute-t-il.
Roby Tschopp : « Ce nombre de naissances, un record, confirme finalement Val-de-Ruz comme un peu la région des familles. »
Du côté de La Grande Béroche, cela fait cinq ans que la population augmente. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette forte croissance. Premièrement le contexte au niveau de l’immobilier : il y a peu de logements vacants sur le Littoral et la commune a beaucoup construit ces dernières années. Hassan Assumani, conseiller communal, ajoute qu’il y a aussi une grande attractivité au niveau de la situation géographique de La Grande Béroche : proche de l’autoroute, à mi-chemin entre Yverdon et Neuchâtel. L’offre au niveau social et un coefficient fiscal attractif sont aussi à prendre en compte, relève Hassan Assumani. /mlm-lgn-yca









