Les pièges photographiques se sont multipliés ces dernières années dans les forêts neuchâteloises. Invoquant le bien-être de la faune sauvage, le Conseil d’État a décidé de soumettre leur installation à autorisation. Une mesure qui divise les photographes animaliers.
Se balader en forêt, lever les yeux et apercevoir un appareil photo : cela vous est peut-être déjà arrivé. Il s’agit de pièges photographiques, des dispositifs utilisés pour capturer des images d’animaux dans leur milieu naturel. Beaucoup espèrent obtenir des clichés de grands carnivores, comme le lynx ou le loup, grâce à ces appareils qui se déclenchent automatiquement dès qu’ils détectent un mouvement.
Le bien-être animal en cause
Mais depuis quelques années, ces engins se sont multipliés dans les forêts neuchâteloises. Mercredi dernier, le Conseil d’État a adopté un arrêté soumettant à autorisation la pose de pièges photographiques dans la nature. En cause : le bien-être des animaux sauvages. Selon Christophe Noël, chef du service de la faune, des forêts et de la nature, les animaux seraient dérangés par les allers-retours incessants des photographes, qui viennent poser, déplacer ou surveiller leurs installations.
Christophe Noël : « Ce qui pose problème actuellement, c'est la multiplication de ces pièges dans le milieu naturel. »
Le responsable précise que la pose de pièges photographiques restera possible, à condition d’obtenir une autorisation de l’État, dûment justifiée par un intérêt pédagogique ou scientifique, ainsi que l’accord du propriétaire foncier concerné.
Cette décision divise chez les preneurs de clichés animaliers. Pour Kevin Beuret, photographe de la faune dans le Val-de-Travers, cette réglementation est une bonne chose. Il constate lui aussi une augmentation du nombre de pièges photographiques dans la nature ces dernières années.
Kevin Beuret : « C'est la course à l'image. »
Il a d’ailleurs déjà retiré la majeure partie de ses dispositifs et n’exclut pas d’y renoncer complètement. Pour l'instant, il envisage surtout de modifier son utilisation de ces dispositifs pour qu'ils s'adaptent aux exigences du Canton. Pour lui, ces outils relèvent davantage du loisir que de la nécessité.
Kevin Beuret : « Je vais peut-être en vendre ou faire des programmes de suivi. »
Alain Prêtre : « Si c'est pour protéger la biodiversité, alors ils tappent totalement à côté. »
Il ne comprend pas que la chasse soit autorisée alors que l’État invoque le bien-être animal. Pour lui, une chose est claire : il ne compte pas s’arrêter là. « Je crois que je vais quand même continuer à poser des pièges » , avoue-t-il. Il soutient que ses photographies lui servent d'outils pour éduquer et sensibiliser le public à la faune sauvage.
Alain Prêtre : « Mes images ont une vocation pédagogiques. »
Malgré la réglementation, à partir de mars, il sera toujours possible de déposer des pièges photographiques sans autorisation à moins de 100 mètres des habitations, avec l’accord des propriétaires concernés. /raf









