Pourquoi La Chaux-de-Fonds cherche à récupérer « ses » trottoirs

Au 19e siècle, la Métropole horlogère avait poussé trop vite et les propriétaires n’attendaient ...
Pourquoi La Chaux-de-Fonds cherche à récupérer « ses » trottoirs

Au 19e siècle, la Métropole horlogère avait poussé trop vite et les propriétaires n’attendaient pas sur les autorités pour remplacer la chaille devant chez eux par de l’asphalte ou des pavés. Ces bouts de trottoirs privés, la Ville en récupère un peu chaque année pour une meilleure gestion de l’espace public.

Trottoir public ou privé ? A La Chaux-de-Fonds, c'est à peu près du 50-50. Trottoir public ou privé ? A La Chaux-de-Fonds, c'est à peu près du 50-50.

C’est une particularité de La Chaux-de-Fonds : la Ville n’est propriétaire que d’une bonne moitié de ses trottoirs. Le reste appartient encore aux propriétaires privés. On l’a appris la semaine dernière au Conseil général lors du débat sur les crédits d’entretien et de réaménagement du réseau routier. 

La raison de ce partage entre public et privé est historique. « A partir de 1880, la ville s’est développée à une vitesse supersonique. La Ville n’avait pas les moyens de financer la construction de tous ces trottoirs. Les gens ne voulaient pas attendre, ils ont construit leurs trottoirs », raconte Fernando Soria, administrateur communal des infrastructures et historien. 


Les pieds crottés

Le conseiller communal Théo Huguenin-Elie précise qu’à l’heure du fort développement de la Métropole horlogère, « les voiries sont en chaille et naturellement, en altitude, à la mauvaise saison, les gens avaient les pieds crottés. Les propriétaires voulaient que ce soit propre devant chez eux et permettre aussi aux uns et aux autres d’entrer dans leur maison avec des souliers un peu moins crottés. Ils acquéraient donc quelques mètres carrés devant chez eux pour les asphalter ou poser des pavés. »

Fernando Soria : « La Ville n'avait pas les moyens de financer tous ces trottoirs et les gens ne voulaient pas attendre. »

Chaque année, la Ville dépense quelque 300'000 francs pour s’approprier une petite partie des trottoirs privés. « Pour la bonne gestion des espaces publics, c’est agréable d’être chez soi lors des chantiers. Si nous souhaitons aménager un conteneur ou planter un arbre sur un trottoir privé, le propriétaire est fort pour faire opposition. Par ailleurs, les trottoirs sur lesquels les gens se cassent les pattes en ville sont privés. C’est parfois difficile de convaincre le propriétaire d’engager des moyens assez conséquents pour refaire son trottoir », explique Théo Huguenin-Elie.

Théo Huguenin-Elie : « Pour la bonne gestion des espaces publics, c'est agréable d'être chez soi lors des chantiers. »

Les autorités chaux-de-fonnières proposent de financer 40% des réfections, pour autant que les propriétaires cèdent ensuite leurs bouts de trottoir à la Commune. /vco


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