Nachlass, une pièce de théâtre sans personnes

Au Théâtre du Passage à Neuchâtel, Nachlass propose une expérience immersive singulière. Conçue ...
Nachlass, une pièce de théâtre sans personnes

Au Théâtre du Passage à Neuchâtel, Nachlass propose une expérience immersive singulière. Conçue par le collectif Rimini Protokoll, cette « pièce sans personnes » invite le public à explorer les traces laissées par celles et ceux qui ont choisi d’anticiper leur mort.

Cette pièce appartient à Jeanne Bellengi, qui a choisit de laisser ses photos derrière elles. Cette pièce appartient à Jeanne Bellengi, qui a choisit de laisser ses photos derrière elles.

Que souhaite-on laisser derrière nous après notre mort ? C’est la question que l’on se pose cette semaine au Théâtre du Passage à Neuchâtel. Nachlass se définit comme une « pièce sans personnes ». De l’allemand nach, après, et lassen, laisser, elle a été conçue comme une installation que le public est invité à explorer.

Pour concevoir cette représentation, les metteurs en scène Stefan Kaegi et Dominic Huger, du collectif berlinois Rimini Protokoll, ont approché pendant deux ans des personnes qui, pour des raisons diverses, ont choisi de préparer leur mort.

Maladie, vieillesse ou encore pratique de sports extrêmes : chacun a anticipé la fin et imaginé ce qu’il souhaitait laisser derrière lui. De ces rencontres sont nées huit salles, autant de fragments d’existences.


Sept minutes dans chaque salle 

Dans chaque salle, une voix enregistrée parle aux visiteurs. Elle raconte les choix, les doutes, les souvenirs, les raisons qui l'ont conduite à organiser son départ. Chaque pièce est différente, façonnée par ce que son protagoniste a voulu transmettre. Le public circule en petits groupes et reste enfermé environ sept minutes dans chaque salle, le temps d’une immersion.

Pour le directeur du Théâtre du Passage, Robert Sandoz, Nachlass ne parle pas de la mort au sens strict. « Dans aucune de ces chambres, quelqu’un ne meurt », explique-t-il. Il s’agit plutôt d’une œuvre profondément vivante, qui réintègre la mort dans le cours de l’existence, sans artifice. « Quand je suis sorti de ce spectacle, j’étais plus amoureux de la vie que jamais. »

Robert Sandoz : « Ils ont vraiment trouvé des gens pour qui la mort n'a pas quitté leur vie.  »

Une expérience à découvrir jusqu’au dimanche 1er février au Théâtre du Passage. /raf

Reportage avec des spectatrices :


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