L’arrivée des horodateurs à l’est du centre-ville ne suscite pas trop de réactions. En revanche, les commerçants interrogés déplorent la fin des 30 premières minutes gratuites.
Accueil mitigé des commerçants face à la nouvelle politique de stationnement en ville de Neuchâtel. Environ 350 places de parc actuellement en zone bleue vont se transformer en places blanches avec horodateurs, comme c’est déjà le cas dans le quartier des Beaux-Arts. C’est essentiellement la partie située à l’est du centre-ville qui est concernée. Il s’agit de la 3e étape d’un plan de stationnement validé en 2008 par le Conseil général.
Les quelques commerçants interrogés espèrent que ce changement permettra une meilleure rotation des véhicules au profit de leurs clients. En revanche, ils déplorent la suppression des 30 premières minutes gratuites de parcage qui se profile aussi. Cette mesure est un « mauvais signal », selon Bernard Schneider, président de l’association de commerçants Neuchâtel Centre. « Une fois de plus, on va dire que Neuchâtel ça coûte et c’est compliqué », avec le risque de voir les clients fuir le centre-ville, dit-il.
Cet avis est partagé par Bénédicte Wildhaber, directrice de Médi-Lum. Son commerce est installé au faubourg de l’Hôpital, l’une des rues concernées par ce changement. « On voit beaucoup de prix extrêmement bas dans les parkings de centres commerciaux et c’est une concurrence qui est difficile à tenir », estime-t-elle. La fin des 30 premières minutes gratuites vient ainsi encore pénaliser le centre-ville, selon elle.
Bénédicte Wildhaber : « Si les 30 premières minutes ne sont même pas meilleur marché, mais sont payantes, on rend le centre-ville difficilement accessible ».
En revanche, Bénédicte Wildhaber voit un impact potentiellement positif de l’installation d’horodateurs pour son commerce. « Nos clients ont parfois de la peine à s’arrêter pour pouvoir venir faire leurs courses, partir avec la marchandise, sans devoir aller trop loin. » Par cette nouvelle politique de stationnement, les autorités espèrent en effet accroître la rotation des véhicules dans les zones concernées au profit des commerces et empêcher les éventuels abus qui consistent à tourner son disque en zone bleue pour y rester plus longtemps.
Ennio Bettinelli, directeur de Cighélio à la rue du faubourg de l’Hôpital, déplore quant à lui des restrictions qui s’accumulent. Il estime que sa clientèle ne devrait pas trop souffrir du passage aux horodateurs grâce à la case de dépose-minute située devant sa porte qui permet aux clients de prendre de la marchandise. En revanche, la fin des 30 minutes gratuites est problématique à ses yeux. « On n’arrête pas de nous pénaliser. On veut à tout prix qu’il n’y ait plus de voitures en ville et ça, c’est vraiment embarrassant », estime Ennio Bettinelli.
Ennio Bettinelli: « Ce sera encore une punition de plus. »
Ennio Bettinnelli déplore aussi la fermeture du parking des Jeunes-Rives qui complique la vie de ses employés qui viennent de l’extérieur.
Virginie Sutter est quant à elle co-gérante de l’Optique des Arcades Lamboley. Ce commerce est également installé au faubourg de l’Hôpital où les zones bleues vont disparaître. Si elle regrette la suppression des 30 premières minutes gratuites, elle pointe aussi du doigt la limitation à deux heures de parcage qui sera instaurée avec l’arrivée des horodateurs. « Je pense aux personnes qui ont des mobilités un peu plus réduites, deux heures, c’est pas très long », dit-elle.
Virginie Sutter : « Si les gens font des achats de nourriture et autres, ça devient très limité. »
Pour Virginie Sutter, l’accès aux commerces est aussi pénalisé par les nombreux véhicules au bénéfice d’une vignette, qui, par conséquent, ne bougent pas beaucoup.
L’avenir dira si cette nouvelle politique de stationnement permettra d’accroître le tournus des véhicules ou non.
François Engisch, commerçant et représentant de la ville de Neuchâtel au sein de l’association fraîchement créée commerces-ne, déplore quant à lui des décisions « prises sans consultation des commerçants et des usagers. » Il dit comprendre que les centres-villes veuillent se délester des voitures, mais regrette que les différents acteurs concernés ne soient pas mis autour d’une même table pour discuter des mesures à prendre. « Il y a un manque de vision à long terme » en ce qui concerne l’accessibilité au centre-ville, ajoute-t-il, en faisant référence notamment à la fermeture des parkings de Panespo et des Jeunes-Rives. À ses yeux, il y a aussi des efforts à faire sur le prix des transports publics, dans ce contexte. Il se veut toutefois optimiste, malgré les nombreux chantiers encore à mener sur ces questions : « Je suis persuadé que Neuchâtel est une ville qu’on peut continuer de faire vivre », conclut-il. /sbm











