Après Nicolas Feuz et Marc Rémy, le Ministère public neuchâtelois perd un troisième procureur. Jean-Paul Ros endossera au 1er juillet le rôle de juge au Tribunal pénal fédéral (TPF). Il a été élu à ce poste le 17 décembre par les Chambres fédérales. Le TPF s’occupe d’affaires « qui échappent à la justice cantonale et qui sont prévues de la compétence de la justice fédérale », explique le nouveau juge. On parle de crimes de guerre ou contre l’humanité, de blanchiment, d’accidents d’aviation, de violations de la loi sur les banques, de l’utilisation sans autorisation d’explosifs, de fabrication de fausse monnaie, d’infractions commises à l’encontre d’institutions fédérales ou internationales, de diplomates, ou encore lorsque des fonctionnaires fédéraux sont auteurs d’infractions pénales. Jean-Paul Ros était en lice avec six autres candidats pour le poste de juge au TPF. S’il ne sait pas ce qui a fait la différence en sa faveur, secret des délibérations oblige, il imagine que son rôle de juge suppléant à la Cour d’appel du Tribunal pénal fédéral depuis 6 ans a pu faire office de marchepied. Tout comme sa maîtrise de la langue française. Il indique qu’en ce moment, « presque la moitié des dossiers entrants sont en langue française, ce qui est étonnant sachant la répartition linguistique dans notre pays. » Il pondère en précisant que « la proportion pourrait s’inverser à l’avenir ». À Bellinzone, siège du TPF, il remplacera d’ailleurs jusqu’à la fin de la période administrative 2022-2027 une juge zurichoise.
Jean-Paul Ros : « Ce qui était important c’est que je puisse travailler principalement en langue française, mais aussi en langue allemande au besoin. »
Jean-Paul Ros n’avait pas imaginé à l’aube de sa carrière endosser un jour le rôle de juge au niveau fédéral. Il a, explique-t-il, saisi une opportunité. « On ne peut pas planifier ce genre de chose ». Et il ajoute qu’il aurait pu « rester procureur jusqu’à ses 65 ans en étant très satisfait par ce métier. »
« Je n’ai pas fait une candidature de fuite. »
À Bellinzone, le quotidien de Jean-Paul Ros va passablement changer. Le nombre et l’importance des dossiers à traiter ne sont pas comparables selon que l’on parle de justice cantonale ou fédérale. Les procédures sont aussi plus longues. Trop longues. « C’est parfois aussi un reproche qui est fait au système judiciaire fédéral. »
« Je vais passer de 400 dossiers traités par année à [environ] 5 à 10. »
« Ça va donner un nouveau souffle, une nouvelle énergie. »
Jean-Paul Ros restera procureur neuchâtelois jusqu’au 30 juin. /cwi









