Le propriétaire de l’emblématique restaurant chaux-de-fonnier nous confiait la semaine dernière vouloir transformer l’établissement pour en faire des appartements. Recensé comme remarquable, le bâtiment de Grenier 8 est intouchable à l’extérieur. Mais a priori pas à l’intérieur…
La semaine dernière, nous vous rapportions que l’emblématique restaurant de la Pinte neuchâteloise à La Chaux-de-Fonds avait fermé. Probablement pour de bon, puisque le propriétaire de cet établissement plus que bicentenaire souhaite transformer le bistrot pour en faire des appartements. Notre sujet a fait réagir les internautes. Certains ont le sentiment que la Ville laisse faire. Alors précisons d’emblée que si le propriétaire a publiquement affiché sa volonté et obtenu l'autorisation de rénover la toiture, il n’a pas encore déposé son dossier à la Ville pour les transformations intérieures.
Essayons d’en savoir davantage sur la protection dont bénéficie ce genre de bâtiments auprès de Patrick Jobin, chef du Service de l’urbanisme, des mobilités et de l’environnement de la Ville de La Chaux-de-Fonds.
Volumétrie intouchable
La première chose à connaître, c’est que le bâtiment de Grenier 8 est considéré comme remarquable. Avec la note 3 sur 9, établie par la Ville en partenariat avec le Canton, l’immeuble abritant la Pinte figure en première catégorie du recensement architectural cantonal, notamment parce qu’il est un des rares, en vieille ville, à avoir résisté à l’incendie dévastateur de 1794. « Les règles pour ces bâtiments dits ‘remarquables’ peuvent varier en fonction des zones. En zone d’ancienne localité, la volumétrie est intouchable », assène le chef de service. Autrement dit, on ne peut pas modifier le volume de l’enveloppe extérieure. « Si on veut aller plus loin [pour protéger un élément de l’intérieur], la mise sous protection (ou à l’inventaire) est de compétence cantonale », précise Patrick Jobin. Renseignement pris auprès du Canton, la Pinte neuchâteloise ne bénéficie pas d’une protection cantonale pour l’intérieur, qui d’ailleurs n’est pas particulièrement préservé, ayant subi plusieurs modifications architecturales au fil des siècles.
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Cela ne signifie pas pour autant que le propriétaire peut tout se permettre une fois le seuil franchi. « Quand on donne une affectation à un bâtiment, il y a forcément des implications sur son enveloppe extérieure », explique Patrick Jobin. « Comme la volumétrie ne peut pas être modifiée, on parle de protéger les ouvertures des façades », complète-t-il. Autrement dit, un propriétaire aura du mal à faire passer la création ou l’agrandissement de fenêtres. « Par contre, les règlements de zone en ancienne localité, de toutes les communes neuchâteloises et même de Suisse, permettent, si on crée des appartements dans les combles, de pratiquer des ouvertures en toiture, si c’est bien fait, bien intégré », ajoute le chef de service.
La Ville jugera sur pièce
Affaire à suivre, donc. Même si l’établissement de la Pinte neuchâteloise possède une histoire savoureuse, ce patrimoine « immatériel » ne bénéficie d’aucune protection. Dans le cas d’espèce, un changement d’affectation est donc possible, « mais il faudra attendre les implications concrètes sur les éléments intérieurs et extérieurs » du bâtiment avant de se prononcer, avertit Patrick Jobin. /vco









