Cette Chaux-de-Fonnière de 42 ans a passé 20 ans dans la Police neuchâteloise avant de relever ce nouveau défi professionnel, dans un contexte compliqué. Engagée au printemps, elle a mis l’accent sur l’aspect humain et la planification. Portrait.
Il y a un an, nous révélions la crise traversée par le Service de la sécurité publique du Locle. Depuis, la situation s’est normalisée. Une nouvelle cheffe est entrée en fonction en avril : Cynthia Perrin. Cette habitante de La Chaux-de-Fonds a 42 ans, elle est mariée et elle a relevé ce nouveau défi professionnel après 20 ans passés au sein de la Police neuchâteloise, notamment à « la judiciaire ». Après les problèmes rencontrés sous l’ère de son prédécesseur, la nouvelle cheffe de service veut « aller de l’avant et penser à l’avenir. Oui, il y a eu certaines choses, mais ce qui est important pour moi, c’est d’avoir un management humain, d’être à l’écoute et que mes collaborateurs aient du plaisir à venir au travail », livre Cynthia Perrin.
En bientôt huit mois, la cheffe a déjà opéré plusieurs changements dans la marche du service : « Les missions sont beaucoup plus planifiées. Surtout, j’ai essayé de mettre un cadre serein, pour renforcer la confiance. »
Deux agents supplémentaires en 2026
La Ville du Locle a prévu au budget 2026 l’engagement de deux agents supplémentaires. « Les gens voient qu’on met des amendes, mais notre travail n’est pas que répressif : on patrouille, on se rend aux abords des écoles, on gère les patrouilleurs scolaires, les chantiers, la commission de salubrité publique, on a le plan de stationnement, les mesures hivernales… Donc actuellement, à quatre agents de terrain, c'est compliqué même pour la planification », détaille Cynthia Perrin.
Cynthia Perrin : « Ce qui est important pour moi, c'est que mes collaborateurs aient du plaisir à venir au travail. »
L’ancienne policière a plusieurs projets. Dont celui d’instaurer dès l’année prochaine – comme c’est déjà le cas dans d’autres communes – des patrouilles mixtes, composées d’un policier et d’un agent de la Sécurité publique. « Cela permet de découvrir le métier de l’autre, de faire du partage d’informations, car souvent on cherche les mêmes personnes. Et de casser l’image qu’il y a [deux camps], les uniformes bleus et les gris, afin que les gens puissent venir [sans a priori] vers l’un et l’autre. »
« Des patrouilles mixtes, cela permet de casser l'image que les gens ont [de deux camps séparés] entre les uniformes bleus et les gris. »
Cynthia Perrin s'est aussi prêtée au jeu du portrait. « J'ai toujours détesté l'injustice. » Déjà dans la cour d'école ? « Oui, on venait me chercher pour régler deux-trois problèmes », sourit cette sportive qui pratique le trail. Au sein de la Police neuchâteloise, Cynthia Perrin a travaillé comme gendarme, inspectrice, instructrice de milice, cadre, cheffe de groupe... Son pire souvenir ? « Quand j'ai dû faire une annonce de décès pour un jeune de 20 ans. J'avais moi-même 20 ans. Je me disais que si j'attendais deux minutes avant d'annoncer ça à la famille, ce serait pour elle deux minutes de bonheur en plus », confie l'ancienne policière. Celle-ci a aussi « aidé quelqu'un à accoucher dans une voiture. La voiture a été vendue après », sourit la Chaux-de-Fonnière.
Notre interview-portrait de Cynthia Perrin
Cynthia Perrin nous raconte aussi son goût de l'uniforme (même si elle nous a reçu en civil) et le côté « rude et à l'ancienne » de l'école de police qu'elle a connue. Elle n'est pas partie blasée de la police (qui d'ailleurs est voisine de la Sécurité publique au Locle) : « Je suis toujours une convaincue des missions de la police. Si je suis partie, c'est parce que j'avais besoin de voir autre chose. » /vco









