Cela fait six ans que l’association de la Grande Cariçaie a pour projet de réaménager les îles du Fanel. Désormais c’est chose faite. La réserve d’oiseaux d’eau située au large de Cudrefin était composée de deux îles, l'une du côté bernois et l'autre du côté neuchâtelois. Elles sont dorénavant réunies en une seule île intercantonale. Ce projet, qui a coûté 450'000 francs, était important pour l’association, car les terrains n’étaient plus adaptés pour accueillir les oiseaux migrateurs. Un problème pour l'une des plus grandes réserves de Suisse. Cependant, réaliser des travaux au milieu de la faune locale n’est pas sans risques. Ils ont été réalisés entre septembre et octobre, une période durant laquelle les oiseaux nicheurs ne sont pas présents sur place. « C’est sûr que les travaux ont fait quelques dérangements, mais on a aussi observé que les limicoles, qui sont nos espèces cibles, (…) n’avaient pas du tout peur des humains. C’était très encourageant pour le projet », explique Christophe Sahli, responsable des suivis ornithologiques de la Grande Cariçaie.
Christophe Sahli : « On n'a aucun souci sur le fait que les oiseaux reviendront. »
Ces travaux autour des îles du Fanel n’ont posé aucun souci à la faune, et dès la fin du chantier, les oiseaux sont directement revenus sur un terrain mieux adapté à leurs besoins. Ce réaménagement a aussi permis d'enlever la végétation des surfaces des îles. Elle empêchait les oiseaux migrateurs de venir se poser. « Il faut savoir que ce sont des oiseaux qui favorisent les surfaces à fleurs d’eau, c’est là qu’ils trouvent leur nourriture ». L’objectif est que, grâce à l’extension du terrain, davantage d’espèces puissent profiter de l’environnement. Lors de la période de reproduction, cette union des deux îles offrira aux laridés (les goélands et les mouettes) un endroit plus adéquat. Ce réaménagement ne devrait en revanche pas convenir aux canards. Ce n'est pas un problème. Les canetons qui naîtront sur la rive du lac seront plus en sécurité qu'avant, à l'abri des prédateurs.
« Tous les oiseaux migrateurs pourront s’arrêter sur l’île pour se nourrir. »
Ce projet, mené en collaboration entre le canton de Berne et la Grande Cariçaie, s’est parfaitement déroulé, selon Christophe Sahli. /lmo









