Droits de douane : un plan d’action « bienvenu »

La Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI) salue les aides proposées aux ...
Droits de douane : un plan d’action « bienvenu »

La Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI) salue les aides proposées aux entreprises par le Conseil d’État pour contrer les droits de douane américains. Un avis partagé également par le directeur de Felco Nabil Francis.

Florian Németi juge bienvenu le plan du Conseil d'Etat neuchâtelois pour soutenir les entreprises face aux effets des droits de douane américains. (Photo d'archives) Florian Németi juge bienvenu le plan du Conseil d'Etat neuchâtelois pour soutenir les entreprises face aux effets des droits de douane américains. (Photo d'archives)

Des mesures jugées pragmatiques et bienvenues. La Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie salue le plan d’action du Conseil d’Etat neuchâtelois, présenté jeudi, qui doit permettre de contrer les effets des droits de douane américains, fixés à 39% pour la Suisse depuis le 7 août. Le Canton de Neuchâtel, particulièrement exportateur, est touché de plein fouet par cette décision.

Pour aider les entreprises exportatrices à surmonter cette crise, le gouvernement propose de débloquer 7,9 millions de francs par le biais d’un amendement au budget 2026. Cette somme doit les aider à diversifier leurs marchés, à maintenir les projets de recherche et développement, à soutenir l’innovation ou encore à financer des formations pendant les périodes de RHT.

Pour Florian Németi, directeur de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI), « c’est un paquet pragmatique qui est ciblé sur les besoins des entreprises ». Il rappelle qu’au-delà des droits de douane américains, « on a un contexte de crise qui s’est installé depuis 12 à 18 mois ». Florian Németi salue aussi la concertation en amont entre les partenaires concernés. À ses yeux, le choix de miser sur des aides ciblées se révèle pertinent. Pour le directeur de la CNCI, le défi des entreprises en temps de crise est de conserver les compétences dans leur giron « pour ne pas avoir un problème vraiment sérieux quand l’économie se met à repartir. » En ce sens, il juge utiles les efforts du Canton.

Florian Németi : « Ce paquet est le bienvenu. »

Florian Németi attend aujourd’hui que les autorités fédérales prennent aussi le relais « pour renforcer, pour amplifier » les mesures cantonales. Le directeur de Felco, Nabil Francis, partage ce constat et va même plus loin. L’entreprise basée aux Geneveys-sur-Coffrane est reconnue à l’internationale pour ses sécateurs. Aux yeux de son directeur, la BNS doit aussi agir face à « l’appréciation continuelle du franc. Le franc fort fait beaucoup de mal aux entreprises qui produisent en Suisse », dit-il. Pour Nabil Francis, le plan cantonal « ne sera pas suffisant compte tenu de la gravité de la situation. »

Dans l’attente de mesures à l’échelon supérieur, le directeur de Felco estime que ce qui a été proposé par le Conseil d’État est « judicieux ».

Nabil Francis : « Le plan du Conseil d’État va dans la bonne direction. »

À ses yeux, les entreprises travaillent déjà à promouvoir l’innovation, à développer de nouvelles stratégies marketing et à prospecter de nouveaux marchés face aux droits de douane américains. Le soutien cantonal va aussi dans ce sens.

Pour Felco, le marché des États-Unis représente 25% des ventes. L’entreprise réfléchit à plusieurs scénarios dans la situation actuelle : augmenter ses prix de vente aux États-Unis, se serrer la ceinture et rogner sur ses marges, ou délocaliser partiellement la fabrication de certains outils de jardinage dans l’Union européenne pour bénéficier d’une surtaxe plus faible de 15%.

Nabil Francis s’interroge sur l’avenir des PME exportatrices en Suisse ; un tissu qui s’est réduit de 50% ces 25 dernières années dans le pays, selon lui. « Un emploi dans l’industrie correspond à cinq emplois dans le pays », dit-il en tenant compte de la sous-traitance notamment. « Est-ce que nous voulons devenir un pays avec une économie uniquement basée sur le tertiaire ? », se demande-t-il.

Le Grand Conseil neuchâtelois doit encore valider ces propositions dans le cadre des débats sur le budget 2026.

Selon les estimations du Conseil d’État, entre 1’400 et 5’700 emplois pourraient être menacés dans les 12 à 24 mois à venir, avec un taux de chômage qui pourrait atteindre 10% dans le pire des cas. /sbm

Nabil Francis, directeur général de FELCO SA. (Photo d'archives: FELCO) Nabil Francis, directeur général de FELCO SA. (Photo d'archives: FELCO)


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