Les patrons de la construction se sentent trahis

Face aux grèves annoncées dans le secteur principal de la construction, les employeurs critiquent ...
Les patrons de la construction se sentent trahis

Face aux grèves annoncées dans le secteur principal de la construction, les employeurs critiquent l’attitude des syndicats, alors que les négociations sont en cours. Ils estiment par ailleurs les revendications de ceux-ci impossibles à financer.

En cas de vide conventionnel, le Code des obligations s'appliquera sur les chantiers à partir du 1er janvier. (Photo libre de droits). En cas de vide conventionnel, le Code des obligations s'appliquera sur les chantiers à partir du 1er janvier. (Photo libre de droits).

Le patronat parle de « chantage ». C’est la réponse de la Société suisse des entrepreneurs face aux négociations grippées autour de la nouvelle convention collective de travail (CCT) de la branche de la construction, dans le secteur du gros œuvre. Les syndicats annoncent un mouvement de grève en Suisse romande les 3 et 4 novembre, également dans le canton de Neuchâtel. Au Tessin, une action de débrayage a déjà eu lieu lundi. Des mouvements sont annoncés par ailleurs le 31 octobre à Berne, le 7 novembre dans le nord-ouest du pays et le 14 novembre à Zurich.

Olivier Haussener est le président de la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs et membre de la délégation patronale nationale dans les négociations. Il ne considère pas que la situation actuelle est bloquée. Il relève qu’une séance de négociations est agendée fin novembre et que d’autres dates sont prévues. Pour lui, il est « bien trop tôt » pour tirer des conclusions sur la réussite ou l’échec des discussions.


Des revendications jugées disproportionnées

« Nous avons souhaité au départ un nouveau modèle de convention nationale […] faire quelque chose de moderne, de clair », rappelle le représentant patronal. Pour le moment, les positions des deux camps semblent pourtant bien éloignées. Alors que les syndicats parlent de retour en arrière et d’une CCT « des années 80 », selon les calculs du patronat, les revendications des syndicats, tels que des hausses de salaires, des journées plus courtes ou encore le paiement de la pause de 9 heures représentent l’équivalent de 14-16% d’augmentation salariale, impossible à financer.

Olivier Haussener : « On n’est pas étonnés des syndicats, mais on est très déçus. »

Autre revendication-phare des syndicats : que l’employeur paye une demi-heure de déplacement quotidienne entre l’entreprise et le chantier. « Ces trente minutes », souligne Olivier Haussener, « découlent d’anciennes négociations où le patronat avait octroyé une semaine de vacances supplémentaire ». Selon lui, il est donc important de resituer chaque aspect dans son contexte historique plutôt que de discuter des points isolément. De son point de vue, par ailleurs, si le 1er janvier 2026, aucune solution n’est trouvée et que la branche se trouve en situation de vide conventionnel, descendre dans la rue serait légitime, mais une grève préventive en pleines négociations ne se justifie pas.

Olivier Haussener : « On est presque en face d’un chantage, voire d’un racket syndical. »

Le texte actuel reste en vigueur jusqu’à la fin de l’année. L’éventuelle nouvelle CCT entrerait en vigueur le 1er janvier 2026. /jhi


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