La défense contre-attaque au Tribunal de La Chaux-de-Fonds

L’ancien chef de la bande Jamahat comparait depuis lundi devant le Tribunal criminel avec quatre ...
La défense contre-attaque au Tribunal de La Chaux-de-Fonds

L’ancien chef de la bande Jamahat comparait depuis lundi devant le Tribunal criminel avec quatre autres accusés. Le procureur a requis 15 ans et 8 mois de prison à l’encontre du principal prévenu. Ses avocats estiment que cette peine est exagérée et plaide pour une peine ne dépassant pas cinq ans de prison.

Le principal prévenu admet avoir cultivé de la marijuana indoor, mais celle-ci contenait du CBD et pas du THC, selon lui. (Image d'illustration.) Le principal prévenu admet avoir cultivé de la marijuana indoor, mais celle-ci contenait du CBD et pas du THC, selon lui. (Image d'illustration.)

Des faits largement exagérés : la défense de l’ancien chef de la bande Jamahat a poursuivi sa plaidoirie mardi matin. L’homme comparait depuis lundi pour, entre autres, trafic de montres et de drogue devant le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds. Le Ministère public a requis lundi une peine de 15 ans et 8 mois de prison à son encontre. La défense a plaidé pour une peine ne dépassant pas cinq ans de prison. Quatre autres prévenus font aussi face à la justice, dont son ex-femme et sa maîtresse. Pour eux, le procureur a requis des peines allant de six ans à 15 mois avec sursis.


Davantage un pied nickelé qu’un Al Capone

La peine requise est exorbitante, selon la défense, qui a affiché une plaidoirie en conséquence : près de 5 heures. Comme lundi, les deux avocats du principal prévenu ont repris point par point l’acte d’accusation. Certes, leur client n’est pas blanc comme neige, il a d’ailleurs admis passablement de choses, mais pas tout. À commencer par la plantation de deux cultures de marijuana indoor. L’accusé ne nie pas les faits, mais affirme que les plantes ne contenaient pas de THC, mais du CBD, une substance qui est légale. Par ailleurs, relève un de ses avocats, n’étant pas un professionnel « ça a été un fiasco », très loin des 40kg à 50kg avancés par le Ministère public.

L’homme admet en revanche un trafic de cannabis, mais bien loin, là aussi, des 190 kilos figurant sur l’acte d’accusation. La défense avance le chiffre de 65 kilos dont son client a pu écouler environ 15 kilos, la marchandise étant de mauvaise qualité.

En revanche, le trafic de 50 kilos de cocaïne est entièrement contesté. Pour les avocats du prévenu « il n’y a aucune preuve. Comment peut-on retenir un trafic de cette ampleur dont on ignore les clients, l’approvisionnement et le stockage ? », se sont-ils demandés. 

Le prévenu a reconnu avoir vendu 100 montres de luxe et environ 200 pièces d'horlogerie au marché gris. Ce commerce lui procurait 10'000 à 15'000 francs par mois. Mais ses avocats relèvent qu’une partie des cadrans acquis étaient défectueux et destinés, dans l’entreprise, à la casse.


Confiance en la justice

La défense relève que son client attendait sa condamnation, mais une peine juste et pour les infractions réalisées. La peine requise par le Ministère public est jugée exorbitante. « C’est ahurissant de voir des peines moins sévères pour des crimes de sang. » Un des avocats a relevé que l’homme était dépendant « à l’argent facile », une addiction qu’il soigne. Il veut désormais mener une vie « normale avec sa famille et en dehors de la délinquance. » Quant à l’expulsion en Tchétchénie demandée par le procureur, les avocats plaident la clause de rigueur, leur client étant en danger s’il rentre chez lui, pays qu’il a quitté à l’âge de six ans. Par ailleurs sa famille, son fils et sa compagne sont en Suisse.


Elle ne savait rien

La défense de l’ex-femme du prévenu a insisté sur le fait que sa cliente n’était pas au courant des agissements délictueux de son compagnon. Des dires corroborés par le principal intéressé. La femme est accusée de blanchiment, de gestion déloyale, d'escroquerie et de faux dans les titres. Le Ministère public avait requis 24 mois de prison avec sursis. La défense demande une peine moins lourde.

L’audience se poursuit mercredi avec les plaidoiries des avocats des trois derniers prévenus. /sma


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