Une douzaine de militants se sont mobilisés jeudi soir à Neuchâtel à l’appel du groupe Wolf Army Swiss pour dénoncer les tirs contre les grands prédateurs et rendre hommage au lynx Diego, récemment abattu dans le canton.
Une douzaine de personnes se sont réunies jeudi soir au rond-point de l’Avenue du Premier-Mars, à Neuchâtel. L’action, menée par le collectif Wolf Army Swiss, entendait défendre le loup et le lynx, tout en rendant hommage à Diego, le lynx récemment abattu dans le canton.
Autour du rond-point, les militants ont installé un enclos symbolique, scandé des slogans et imité des hurlements de loup. Des pancartes « Justice pour Diego » et « Non aux tirs des 4 loups » étaient visibles, tandis que le mot « Loup » était inscrit à la bombe rouge dégradable sur la chaussée. L’action s’est déroulée dans le calme, sans bloquer la circulation, en cohabitation avec les automobilistes ralentis par l’animation. Une pétition était également proposée à la signature. La Police neuchâteloise et la Sécurité publique étaient présentes, mais ont laissé la mobilisation se dérouler.
Après le rassemblement au rond-point, une seconde étape a eu lieu à Couvet, devant le bureau des garde-faune du canton de Neuchâtel. Les militants y ont mené une action symbolique d’affichage de slogans, visibles, mais réalisés sans aucune dégradation des locaux.
Grégory Del Torchio : « La cohabitation est la seule solution. »
Pour Grégory Del Torchio, porte-parole de Wolf Army Swiss, le but était de dénoncer « les décisions des autorités et leur communication » concernant la gestion du loup et du lynx. Selon lui, la voie à suivre est claire : « La seule solution, c’est la cohabitation. Cela passe par une protection optimale des troupeaux, la présence humaine, l’utilisation de chiens et le soutien de la Confédération aux éleveurs ».
Lui-même issu d’un milieu agricole, il dit comprendre la détresse des éleveurs : « De voir des bêtes mangées par des loups, ça me fend le cœur. Mais il faut accepter la communication et écouter les solutions qui existent pour réduire ces attaques. »
Maintenir la pression sur les autorités
Le photographe animalier Alain Prêtre, également présent, insiste sur la nécessité de maintenir la pression politique : « Le Conseil d’État persiste dans une voie sans issue, dangereuse et contre-productive. Elle ne fera qu’aggraver la prédation sur le bétail ».
Selon lui, un dialogue avec les autorités serait « tout bénéfice pour les loups, pour les éleveurs et pour le bétail ». À défaut, les militants entendent multiplier leurs actions, « de plus en plus nombreuses et spectaculaires », et poursuivent leurs patrouilles dans la vallée de la Brévine pour protéger les troupeaux.
Cette action fait suite à une première mobilisation le 17 septembre devant le château de Neuchâtel. Wolf Army Swiss annonce de nouvelles initiatives dans les prochaines semaines, notamment une grande manifestation samedi 27 septembre à Berne sur la Place fédérale, organisée conjointement avec d'autres associations de défense du loup en Suisse. /lph









