Attirer des tournages dans le canton. C’est le thème du débat public qui aura lieu samedi soir au cinéma Apollo à Neuchâtel en marge de la journée du cinéma de dimanche. Alors que la discussion ne semble pas être des plus prioritaires au vu des actualités, l’industrie cinématographique se démarque comme un outil de diversification économique à ne pas négliger.
Se rendre attractif pour le cinéma suisse. Ce sera le cœur du débat public organisé samedi soir par Cinepel et Passion Cinéma en marge de la journée du septième art. bâtisé "Neuchâtelwood, terre d'élection cinématographique", il se déroulera à l’Apollo à Neuchâtel dès 18 et l’entrée est libre. Parmi les participants des producteurs et cinéastes ainsi que des représentants du canton et de la commune de Neuchâtel.
Depuis l’introduction de la Lex Netflix le 1er janvier 2024, les tournages se sont multipliés en Suisse. Cette loi oblige les géants du streaming à investir en Suisse 4% de leur chiffre d’affaires réalisé dans le pays. Selon les chiffres de l’Office fédéral de la culture publié début août, 16 millions de francs ont été ainsi injectés dans l’audiovisuel helvète. À présent, l’enjeu est d’inciter les cinéastes et les réalisateurs suisses à venir tourner dans le canton de Neuchâtel. « Un tournage amène plein de choses positives à une région », explique Fabien Fivaz, président de Cinésuisse, qui participera au débat samedi soir. Premièrement, les paysages et les infrastructures de la région peuvent être mis en avant : « C’est une sorte de vitrine pour le canton », ajoute le président. Deuxièmement, les tournages emploient un grand nombre de personnes de nombreux domaines différents :
Fabien Fivaz, président de Cinésuisse : « Les tournages emploient énormément de personnes. »
Ainsi le canton de Neuchâtel est en passe de se doter d’un fond de 700'000 francs pour tenter d’attirer les productions cinématographiques sur son territoire. Cet avantage financier existe déjà dans d’autres cantons à l’image du Tessin et du Valais. À Neuchâtel sa formule est testée en ce moment sous la forme d’un projet pilote. « Le fond devra permettre de couvrir 15% de l’argent investi dans le canton par une production » détaille Florence Adam, productrice et vice-présidente de l’association Neuchâtel Films (qui a lancé le projet du fond). Pour la productrice, l’existence d’un tel fond peut clairement avoir un impact sur le choix d’un lieu de tournage :
Florence Adam, productrice et vice-présidente de l’association Neuchâtel Films : « Les budgets pour la culture ont tendance à rétrécir. »
Le fond doit donc aussi permettre au cinéma suisse de rester compétitif sur le marché. Actuellement le projet pilote soutient le tournage de la mini-série « Placée », co-production entre la Suisse et la Belgique. « Au total, le fonds a subventionné le projet à hauteur de 150'000 francs soit 15% des 1 million dépensée par la production dans le canton de Neuchâtel », explique Florence Adam.
Des retombées économiques non négligeables
L’utilité de ce fond peut être remis en question au vu des actualités économiques qui préoccupent le canton. Selon Fabien Fivaz, le fond pour le cinéma est une manière comme une autre de diversifier les investissements économiques d’un canton. De plus, les retombées économiques d’un tournage ne sont pas négligeables.
00A53213.wav Fabien Fivaz : « Le cinéma c’est de l’économie locale. »
Florence Adam se montre optimiste quant à la réalisation de ce fond : « Je pense qu’on va vraiment dans le bon sens ». Cependant, rien n’a encore été approuvé par les autorités, le projet pilote est encore en cours. /crb









