Des Ponts-de-Martel au Burkina Faso : quand l'agriculture se transmet 

Depuis 25 ans, l’association Jethro Suisse propose des formations agricoles au Burkina Faso ...
Des Ponts-de-Martel au Burkina Faso : quand l'agriculture se transmet 

Depuis 25 ans, l’association Jethro Suisse propose des formations agricoles au Burkina Faso. Une réussite qui tient de la symbiose entre les savoirs et techniques des deux pays. Elle fêtera son quart de siècle ce dimanche au Ponts-de-Martel.

Jéthro Suisse et Jéthro Burkina lors d'une rencontre aux Ponts-de-Marte. Jéthro Suisse et Jéthro Burkina lors d'une rencontre aux Ponts-de-Marte.

« Il y avait autant d’herbe que chez nous, mais personne ne la fauchait », se remémore Claude-Eric Robert, le fondateur de l’association Jéthro Suisse lorsqu’il repense à  l’un de ses premiers voyages au Burkina Faso.  Pour cet agriculteur des Ponts-de-Martel, ce fut le déclic et le début de Jethro Suisse.  25 ans plus tard, l’organisation humanitaire n’a eu de cesse de partager le savoir agricole au Burkina Faso. Associée à Jéthro Burkina, son partenaire sur place, l’ONG neuchâteloise propose des formations à quiconque souhaite développer ses connaissances agricoles. Forte de son succès, Jéthro a construit un Centre de formation à l’agriculture dans un village au nord de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Édifié autour d’une « ferme-pilote », le centre permet aux agriculteurs des quatre coins du pays  d’observer puis de reproduire dans leurs villages respectifs divers techniques d’agriculture. 

Eddy Jeanneret, président de Jéthro Suisse : « L'objectif est de démontrer que ce que l'on fait fonctionne. »

Claude-Eric Robert, fondateur de Jéthro Suisse lors d'un cours au Burkina Faso. ( photo: Jéthro Suisse) Claude-Eric Robert, fondateur de Jéthro Suisse lors d'un cours au Burkina Faso. ( photo: Jéthro Suisse)

Le circuit du lait : l'une des principales problématique 

Un biais qui a des dérives négatives jusqu’au Burkina Faso. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, on préfère consommer le lait européen, peu cher, avant celui produit au Burkina Faso. Séché, écrémé, enrichi à l’huile de palme puis vendu en poudre, le lait venu d’Europe met ainsi à mal la santé des Burkinabè en plus de pénaliser les agriculteurs locaux. Pour Jéthro, proposer du lait de qualité et à des prix accessibles est donc primordial. Le fait est qu’au Burkina Faso, le lait est issu non pas de vache, mais du zébu. Un bovidé par nature plus avare en lait que sa cousine européenne. L’action de Jéthro a donc été de croiser ces animaux avec des vaches de la région pour accroitre leur productivité. « Maintenant, on arrive à produire 3’500 litres de lait contre 180 litres auparavant » se réjouit Eddy Jeannerat, président de Jéthro Suisse.

Pour Rasmata Ouédraogo, transformatrice de lait au Burkina Faso ayant suivi la formation de Jéthro, vendre son lait est un vrai défi. « On doit en premier temps convaincre la population que le lait frais est meilleur que celui en poudre ». Pour ce faire, elle propose des dégustations gratuites afin de fidéliser le client. Une habile technique qui lui sourit puisqu’elle détient aujourd’hui sa propre laiterie.

Eddy Jeanneret : « Le lait venu d'Europe est modifé et mauvais pour la santé.  »

Redorer le blason de l’Agriculture auprès des jeunes.

Au Burkina Faso, où l’âge médian est de 17 ans, revaloriser la profession d’agriculteur auprès des jeunes générations est essentiel. Héritage du passé colonial français, le système scolaire burkinabè favorise peu les apprentissages et privilégie une éducation littéraire. « À l’époque, le métier d’agriculteur était vu comme une punition » glisse Modeste Ouédrago, inséminateur et formateur pour Jéthro Burkina. Aujourd’hui plus de 50% des apprenants (dont 70% de femmes) sont des jeunes. Une réussite qui pousse cette tranche d’âge, souvent encline à aller tenter sa chance à l’étranger, à bâtir sa vie au Burkina Faso.

Ce dimanche, Jéthro fêtera ses 25 ans au Centre du Bugnon des Ponts-de-Martel. Ouvert à tous, l’événement sera animé de tables rondes et de diverses activités touchant l’agriculture. /Ave


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