Le drame de Corcelles, qui a coûté la vie à une femme et à ses deux filles, a mis en lumière les différents outils existants dans le canton de Neuchâtel pour tenter de prévenir les actes de violence. Parmi eux figure la Brigade de gestion des menaces et prévention de la violence. Cette entité a été créée en 2024 et compte 3,2 EPT. Depuis 2016, le canton de Neuchâtel disposait déjà d’un groupe de policiers miliciens actifs sur ces questions. Des réflexions sur la prévention des violences ont surgi en Suisse après la tuerie de Zoug qui avait coûté la vie à 14 politiciens en 2001.
Actuellement, la brigade neuchâteloise suit 200 situations qui présentent un risque de dérapage. Il peut s’agir de cas de violences domestiques, d’extrémisme politique ou religieux, ainsi que de personnes présentant des troubles mentaux. « On va rencontrer les personnes qui peuvent être dangereuses, les personnes qui peuvent être menacées, tout le réseau qui est autour aussi », explique Loïc Piteira, chef de la Brigade de gestion des menaces et prévention de la violence.
Loïc Piteira : « L’idée est d’aider les gens à régler les souffrances et les problèmes qui sont là pour que la situation s’améliore. »
La brigade dispose de divers outils pour cerner le degré de dangerosité d’une situation. Elle prend en considération les antécédents judiciaires, psychiques ou de violence de la personne. « Ensuite, on va aussi évaluer le contexte, tout ce qu’il y a autour et qui pourrait favoriser un passage à l’acte violent », comme le retrait de la garde des enfants, explique Loïc Piteira. La brigade essaie aussi d’anticiper des facteurs de risque tels qu’une audience de tribunal ou une expulsion du domicile. L’accumulation de menaces ou l’achat d’une arme constituent aussi des facteurs alarmants.
« On va essayer d’anticiper ce qui pourrait arriver. »
Dans le cas du drame de Corcelles, la famille concernée n’avait plus fait l’objet de signalements depuis 2022. La Brigade de gestion des menaces et prévention de la violence se saisira malgré tout de cette affaire pour essayer d’en tirer des enseignements, notamment sur la transmission d’informations. Certains cas peuvent passer sous le radar, même si environ 200 personnes au sein des différents services étatiques neuchâtelois sont formées à repérer les situations qui peuvent déraper. « On doit vivre avec ça », explique le chef de brigade.
Quant aux personnes qui sont accompagnées par la brigade, elles le sont sur une base volontaire. « On aide les gens. On ne peut pas contraindre les gens », précise Loïc Piteira.
« Malheureusement, on ne peut pas tout changer. »
Dans ces situations, le partage d’informations est essentiel. Des rencontres mensuelles sont organisées avec différents acteurs comme le Ministère public, le Service d’aide aux victimes de violence domestique (SAVI) ou l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte (APEA). Lionel Piteira explique que des échanges se font aussi entre les différentes polices des cantons latins, ainsi qu’à l’échelle suisse.
Une telle mission de prévention des violences s’accompagne malgré tout d’une forme d’humilité. « Le risque zéro n’existe pas », rappelle le chef de la brigade. /sbm









