Avec 37% des exportations destinées aux États-Unis, Neuchâtel est le canton romand le plus touché par les surtaxes de 39%, entrées en vigueur jeudi dernier, sur les produits suisses. Elle a et aura un impact sur les entreprises exportatrices, mais également sur celles du marché intérieur.
Des droits de douane insupportables pour le canton de Neuchâtel. Entrée en vigueur jeudi dernier, cette surtaxe de 39% sur les produits suisses aux Etats-Unis a, et aura un très fort impact sur l’économie neuchâteloise, qui a une part des exportations avoisinant les 37%, le 2e taux le plus fort du pays. Un impact qui n’est cependant pas le même pour toutes les entreprises exportatrices du canton, explique David Guenin, le président de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI). « Selon le secteur d’activités, le niveau de concurrence, ou la manière dont on vend ou distribue nos produits, on peut être plus ou moins touché par ces mesures », développe le directeur de Gimmel Rouages.
David Guenin : « Par rapport à ce taux, il y a quand même un calcul qui se fait. »
David Guenin relève que les calculs seront difficiles à faire. « Pour une machine-outil dans laquelle se trouve des composants ou éléments qui seraient par exemple produits aux États-Unis, ces éléments-là ne seraient pas taxés à 39% », décrit le président de la CNCI. Il faut donc aller dans le détail de ce calcul, ce qui représente une grande charge administrative. « Il faut aussi penser aux matières », détaille David Guenin. « Un produit peut être labellisé swiss made sans que le 100% de ses éléments constitutifs soient suisse », précise-t-il.
« Ça risque d’être très compliqué d’un point de vue administratif. »
Pas seulement les entreprises exportatrices
Ces droits de douane ont donc un effet différent selon les entreprises exportatrices, mais aussi sur celles qui sont axées sur le marché intérieur, par un système de ricochets. « Quand les activités des entreprises exportatrices sont réduites, ou typiquement quand on est dans des phase de crise, il y a toutes les entreprises qui viennent se greffer, proposer des services, qui peuvent par effet de chaîne, être négativement impactées », explique David Guenin.
« Quand tout va bien, elle sera dans une phase de développement […] et elle va sous-traiter. »
Les entreprises sous-traitantes, comme celle de David Guenin dans le domaine de l’horlogerie, vont souffrir aussi de ces nouveaux droits de douane américains, mais pas tout de suite. « On risque d’être les prochaines semaines, voire les prochains mois, un petit peu préserver par rapport à un effet d’inertie », détaille le directeur de Gimmel Rouages.
« Quand on est un sous-traitant, qu’on n’est pas au front directement avec le marché, il y a peut-être un effet retard. »
Pour faire face à ces surtaxes américaines sur les exportations suisses, une première mesure a été annoncée : celle de faire recours au RHT, les réductions de l’horaire de travail. Mais ce n’est pas nouveau dans le canton : « Un certain nombre d’entreprises neuchâteloises sont déjà en RHT », relève le président de la CNCI. Une deuxième mesure serait de diversifier les marchés de l’économie cantonale, en mettant notamment l’accent sur l’Union européenne. Mais ce n’est pas si simple que cela, regrette David Guenin.
« Dépendre autant d’un gros marché, c’est risqué. »
« C’est important pour la Suisse de consolider les partenariats avec les autres marchés, notamment les Bilatérales III qui est un dossier très important », indique encore David Guenin. Le président de la CNCI reconnaît qu’une diversification des marchés demande du temps et de l’énergie, mais est primordiale. /lgn-sma









