Violences domestiques : Neuchâtel veut une meilleure prise en charge

Aller plus loin dans la prise en charge des victimes et des auteurs de violences domestiques ...
Violences domestiques : Neuchâtel veut une meilleure prise en charge

Aller plus loin dans la prise en charge des victimes et des auteurs de violences domestiques, c’est le souhait du Canton de Neuchâtel.

Le système neuchâtelois de prise en charge des victimes de violences domestiques pourrait être mieux adapté aux enfants. (Photo : illustration) Le système neuchâtelois de prise en charge des victimes de violences domestiques pourrait être mieux adapté aux enfants. (Photo : illustration)

Un symbole fort qui est presque passé inaperçu. Dans un communiqué paru fin juin, la Confédération faisait figurer en bonne place le mot féminicide. Un mot qui ne figure ni dans le Code pénal suisse, ni dans les statistiques de l’Office fédéral du même nom. En résumé, le féminicide n’existe pas au niveau institutionnel dans le pays. Mais le terme est de plus en plus utilisé en politique. Ça n’a pas échappé à Laurence Boegli, la co-cheffe de l’Office neuchâtelois de la politique familiale et de l’égalité (OPFE). « Que la Confédération utilise ce terme, bien qu’il ne soit pas dans le Code pénal, c’est une avancée politique. »

Laurence Boegli : « C’est un symbole qui est quand même fort. »

Au premier semestre 2025, la Suisse recensait 18 femmes tuées par un homme, soit presque autant que pour l’ensemble de l’année 2024. Face à ce constat, Confédération, cantons et communes ont pris des mesures urgentes. Afin de renforcer la prise en charge institutionnelle des victimes et des responsables de violence dès les premiers signaux d’alerte, le comité responsable de la Convention d’Istanbul contre la violence à l’égard des femmes a décidé d’instaurer trois mesures à réaliser sans attendre : mettre en place des solutions régionales pour combler les lacunes en matière de places dans les refuges et maisons d’accueil, renforcer la prévention de la violence lors des phases de séparation par la formation des professionnels et la mise en place d’approches standardisées, et enfin instaurer une analyse interinstitutionnelle systématique des cas de féminicides.

Dans le canton de Neuchâtel, un certain nombre de choses est déjà en place pour répondre à ces mesures. Il y a notamment le centre de médecine des violences qui a ouvert ses portes en novembre dernier.

Le Service d’aide aux victimes d’infractions (SAVI) est là pour apporter son aide. Il propose écoute et soutien, information et accompagnement dans les démarches administratives et juridiques, hébergement d’urgence, aide matérielle et orientation vers des services spécialisés.

Laurence Boegli estime qu’un effort pourrait encore être fait dans le canton de Neuchâtel concernant l’accueil des enfants victimes de violences. Cette population a des besoins différents des adultes. « Il faut avoir un langage adapté à leur âge. Il faut avoir une compréhension adaptée à leurs émotions. »

« Il faut des outils et des services qui puissent prendre spécifiquement en charge les enfants. » 

Laurence Boegli voit aussi des pistes d’amélioration dans l’encadrement des auteurs de violence domestique. Actuellement, le canton dispose « d’un seul centre qui propose un cursus thérapeutique assez long, mais qui manque de diversité d’approches ».

Le travail semble donc ne pas manquer dans le canton de Neuchâtel. La co-cheffe de l’Office neuchâtelois de la politique familiale et de l’égalité souhaite, pour 2026, faire le bilan du premier plan d’action neuchâtelois de prévention et de lutte contre la violence domestique voté par le Grand Conseil en 2022. Le Canton entend continuer sur cette lancée, en poursuivant notamment ses actions de prévention et de coordination entre les différents partenaires.

« On entend continuer à développer des campagnes de prévention et de sensibilisation. »

Les chiffres concernant la violence domestique augmentent de façon assez importante, constate Laurence Boegli. La Police neuchâteloise fait état d’une recrudescence de 40% de ses interventions entre 2023 et 2024. Du côté du SAVI, les prises en charge ont crû de 10% durant la même période. La co-cheffe de l’OPFE espère que c’est le battage médiatique fait autour de ce phénomène qui pousse les victimes à se manifester. /cwi


 

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