En été, les cinémas de la région se réinventent

Connu pour être une période creuse en termes de sorties de films et de fréquentation, l’été ...
En été, les cinémas de la région se réinventent

Connu pour être une période creuse en termes de sorties de films et de fréquentation, l’été n’est pas désertique pour autant dans les salles obscures. Open Air, programmation alternative, pass spéciaux, … Les cinémas neuchâtelois adaptent leur offre.

Les cinémas sont habitués aux flux de fréquentation de l'été et en profitent parfois pour se réinventer. (Photo libre de droits). Les cinémas sont habitués aux flux de fréquentation de l'été et en profitent parfois pour se réinventer. (Photo libre de droits).

 

La période estivale est traditionnellement plus creuse pour les salles obscures. C’est un fait, durant les mois de juillet et août, le public est moins nombreux dans les cinémas de la région, comme ailleurs en Suisse. Mais cela ne veut pas dire que le public est inexistant. À titre d’exemple, le Colisée à Couvet explique que c’est plutôt le mois de septembre qui est particulièrement bas avec une fréquentation équivalente à moins de 6% de leur chiffre d’affaires. Le gérant de l’association du cinéma, Bertrand Stoller, précise qu’en juillet-août la fréquentation est qualifiée de « normale », mais basse, avec des résultats de 6 à 10%, contre 10 à 20% du chiffre d’affaires en novembre ou décembre.

Il faut noter que la fréquentation peut grandement fluctuer en fonction de la météo et des sorties de films. Il suffit qu’un gros Blockbuster sorte en juillet pour que le public se presse dans les salles, explique Bertrand Stoller.

Cette situation pousse certains cinémas de la région à réduire la voilure. L’ABC, à La Chaux-de-Fonds, restreint ses jours d’ouverture du jeudi au dimanche et le Colisée ferme pour l’Abbaye de Fleurier ainsi qu’une semaine fin juillet. Ces décisions sont prises pour s’adapter à la demande et ne représentent pas de réelles économies d’argent, selon les institutions. Ces fermetures estivales sont aussi nécessaires, car le personnel peut venir à manquer.

 

Une offre diversifiée

Tout cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien dans les cinémas de la région en été. Les salles obscures s’adaptent, comme Cinépel à Neuchâtel qui propose désormais un « summer pass ». Pour 120 francs, il est possible d’assister à toutes les séances des mois de juin, juillet et août.

Par le passé, le Colisée et l’ABC ont proposé des Open Air, qui fonctionnent généralement très bien auprès de la population. À la Neuveville, le ciné2520 en est à la 21e édition de son cinéma plein air et rencontre un joli succès.

Ces mois plus calmes, notamment en termes de sorties de films, permettent parfois de proposer une programmation qui sort de la seule actualité cinématographique. La directrice de l'ABC, Marie Herny, se réjouit notamment de pouvoir proposer des cycles thématiques pour faire découvrir ou redécouvrir d’anciens films sur grand écran.

 

Des tendances qui évoluent

Pour le directeur de la Cinémathèque suisse, Frédéric Maire, on assiste ces dernières années à un changement de paradigme. « L’été n’est plus un désert pour les cinémas », affirme-t-il. Le Neuchâtelois explique qu’avant aucune sortie à fort engouement populaire n’avait lieu en été. Désormais, la stratégie américaine a changé et de grosses productions sortent en juillet-août et attirent ainsi du monde dans les salles.

Autre évolution, bien qu’elle ne soit pas mesurée, l’expert observe qu’avec le réchauffement climatique et les vagues de chaleur que subit la Suisse, certaines personnes viennent chercher la fraicheur des salles climatisées.

Finalement, le phénomène des Open Air prend énormément d’ampleur en Suisse et draine avec lui un nouveau public. Un phénomène déjà très établi dans les pays du Sud que Frédéric Maire s’attend à voir prendre toujours plus d’importance ces prochaines années. /cde

 


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus