Abeilles : moins de mortalité, mais davantage de colonies faibles

C’est le constat tiré par Christophe Bachmann. L’apiculteur professionnel de Val-de-Ruz chiffre ...
Abeilles : moins de mortalité, mais davantage de colonies faibles

C’est le constat tiré par Christophe Bachmann. L’apiculteur professionnel de Val-de-Ruz chiffre à 10% le nombre d’abeilles qui n’ont pas survécu à l’hiver, bien en dessous de la moyenne nationale. Il a en revanche fait face à un grand nombre de colonies affaiblies, ce qui revient presque au même.

Christophe Bachmann devant ses ruches près de Boudry. (Image d'archives) Christophe Bachmann devant ses ruches près de Boudry. (Image d'archives)

Les abeilles de Christophe Bachmann, apiculteur à Val-de-Ruz, ont bien résisté à l’hiver. En tout cas en termes de mortalité. Les pertes se montent à environ 10%, contre 19% en moyenne nationale, selon Apisuisse. Un chiffre que l'unique apiculteur professionnel du canton de Neuchâtel relativise. « Personnellement j’ai eu très peu de pertes, même moins de 10%, mais on a eu beaucoup de colonies très faibles. Ce qui fait qu’il est difficile d'avoir assez de colonies pour faire notre année. »

Christophe Bachmann explique que ce phénomène s’apparente à de la mortalité même si les abeilles sont toujours en vie. « Une fois qu’une colonie est trop faible, elle ne va pas produire de miel. Elle aura peu d’abeilles, donc elle sera plutôt un problème pour les autres colonies qui, elles, sont saines. » Ce phénomène est multifactoriel. Il s'explique notamment par une météo très humide qui favorise les champignons, ce qui fait que « les abeilles sont entrées dans l’hiver dans de mauvaises conditions. Le printemps très précoce a conduit à un développement du varroa très fort en été. » L’apiculteur, c’est son rôle, aide les abeilles à mieux se porter.

Christophe Bachmann : « On a la sélection, c’est-à-dire, garder ce qui est fort et ne pas trop garder ce qui est plus faible. »

Des formations pour les apiculteurs

La mortalité des abeilles était sur toutes les lèvres il y a quelques années. Un phénomène dont on parle moins actuellement. Faut-il y voir une amélioration de la situation ? Christophe Bachmann répond par la négative. « Mais les apiculteurs étant mieux formés » ils parviennent à mieux lutter contre le phénomène. Même si la situation reste tendue avec le varroa, mais aussi le frelon asiatique.

« Le varroa est un acarien qui va sucer le sang de l’abeille et l’affaiblir jusqu’à la tuer. »

La différence de mortalité des abeilles d’une région à l’autre dépend beaucoup du climat, plus précisément des microclimats et des changements de températures. « Avant on avait deux semaines de pluie, deux semaines de beau, deux semaines de pluie, c’était un peu ça. Et aujourd’hui on a de très longues périodes et c’est très mauvais, car on part sur des extrêmes. » Christophe Bachmann relève que « tout d’un coup vous avez un printemps très humide et vous ne faites rien et l’année d’après, il devient très sec et vous ne faites rien. » Et de conclure que ça ne s’améliore pas et que ça devient compliqué. /sma


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